Un autre western peu connu, à l'instar de la Femme qui failli être lynchée : Convoi de femmes, film de série B au budget relativement modeste, mais produit par la MGM avec sa plus fameuse star masculine (hormis Clarki), Robert Taylor, rappelle furieusement l'album la Fiancée de Lucky Luke. Normal, Morris a pompé intégralement le scénario (les mortes au cours du voyage en moins).

Côte Ouest des États-Unis, 1861. Roy Whitman (John McIntire), un riche éleveur, à la tête d’une ville de pionniers, mais sans aucune femme, décide d’aller à Chicago recruter des épouses pour ses cow-boy. Il recrute Buck Wyatt (Robert Taylor) pour mener le convoi. Après une sélection drastique des candidates, le convoi s’élance pour un voyage de six mois à travers tout le pays. Au fur et à mesure de l’interminable route, on y découvre des femmes au caractère bien trempée, sachant tirer, volontaires et opiniâtres, conditions sine qua non pour entreprendre un tel périple qui sera scandé par les attaques de voleurs ou de Peaux-Rouges, les inondations, la chaleur, le froid et la faim.  

Annex - Taylor, Robert (Westward the Women)_03

Le titre est certes un peu cavalier, mais il ne faut pas s’y fier : ce sont bien le courage et la témérité – voire l’inconscience – des femmes qui est mise à l’honneur. Une demi-année pour rejoindre un mari choisi sur photo, qui le ferait encore ? Roy et Buck le disent à leur manière : ce sont des vraies femmes, dans le sens où, pour survivre à un tel voyage, il faut être dotée d’une résistance hors du commun. C’est bien ce que se disent les futurs maris, quand elles leur font savoir qu’il leur faut du linge pour se faire des robes, car cela fait six mois qu’elles voyagent, et qu’il est hors de question de se présenter ainsi devant eux : comme un seul homme, les cow-boys dépouillent leur logement des draps, nappes, rideaux, serviettes pour qu’elles en fassent des atours !

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En dépit de l’époque à laquelle il a été tourné, le film est tout sauf condescendant : les femmes sont loin d’être vu comme des petites choses fragiles – et Buck l’affirme dès le début : il y en aura 200 au départ, un tiers en moins au bout d’une semaine, puis en faisant la part des attaques et des accidents, seulement la moitié arrivera entière à destination. Hormis quelques phrases un peu surannées, Roy et Buck sont admiratifs de la force de caractère de ces pionnières, faisant le voyage d’une vie – et sans être sûre de ce qu’elles trouveront à l’arrivée ! Patience est plus forte que Roy, Maggie tire mieux que Buck : on trouve à qui parler ! curieusement, le personnage féminin le moins intéressant dans cette galerie de femmes fortes est celui de Denise Darcel, love interest de Buck, trop caricatural pour qu’on y croit vraiment. Ajoutons à ça une mise en scène impeccable de la part d’un vieux routier du cinéma. Le noir et blanc ajoute une touche bienvenue à l’âpreté de la route du convoi. Wellman filme en prenant son temps, mais son temps n’est jamais vainement utilisé : il l’utilise à bon escient, pour raconter une chouette histoire de l’Ouest américain, et pour une fois pas réservée aux garçons. Bonne découverte !

Poster - Westward the Women_01

CONVOI DE FEMMES (WESTWARD THE WOMEN)

MGM, 1951

Réalisation : William A. Wellman, d'après une histoire de Frank Capra

Photographie : William C. Mellor

Distribution : Robert Taylor (Buck Wyatt), Denise Darcel (Fifi Danon), Hope Emerson (Patience), John McIntire (Roy Whitman)

Film de William : l'Appel de la forêt

Film avec Robert : Traquenard

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