Un certain cinéma

05 juin 2019

Autant en emporte le vent, de Victor Fleming (1939) : l'apogée d'Hollywood

Film de tous les superlatifs - un tournage dispendieux, des millions de spectateurs, une marée d'oscars -, Autant en emporte le vent fut et reste l'indépassable modèle de ce que la cité des anges savait faire de mieux, l'exact synonyme du mot cinéma, le symbole de l'industrie hollywoodienne. Quatre-vingts ans après, il reste un modèle de savoir-faire, de perfection cinématographique, de grand spectacle, de dialogues mémorables et de Technicolor flamboyant.    1861, en Géorgie. Scarlett O'Hara (Vivien Leigh), fille aînée... [Lire la suite]

04 juin 2019

San Francisco, de W.S. Van Dyke (1936) : open your golden gate!

Comment faire du fameux tremblement de terre survenu à San Francisco un sujet romanesque, objet d'amour et de rédemption? W.S. Van Dyke vous explique comment.  En 1906, à San Francisco, donc. Blackie Norton (Clark Gable) est un des rois de la ville grâce à son music hall. Menant une vie que son grand ami, prêtre, Tim Mullin (Spencer Tracy), qualifie de débauche (encore qu'on n'en vît rien à l'écran), ce dernier ne désespère pas de le voir rentrer dans le droit chemin de la morale. Une jeune femme, Mary Blacke... [Lire la suite]
19 mai 2019

Zaza, d'Allan Dwan (1923) : un écrin coquin pour Gloria

Jolie découverte, par hasard, sur Youtube : alors que je cherchais un film avec Pauline Fredericks, le moteur de recherche a sorti comme occurence Zaza, avec Gloria Swanson. Rien à voir, d'autant plus que je croyais ce film perdu... Ni une, ni deux, je regarde ce muet qui fut un des plus grand triomphes de miss Swanson. Et c'était bien. Explications. En France, à la Belle Époque. Dans la ville de Saint-Esmé, la belle Zaza (Gloria Swanson) règne en maîtresse sur la scène du théâtre de la ville. Star de la revue, où elle se balance... [Lire la suite]
13 mai 2019

Convoi de femmes, de William A. Wellman (1951) : de Chicago à la Californie pour trouver un mari

Un autre western peu connu, à l'instar de la Femme qui failli être lynchée : Convoi de femmes, film de série B au budget relativement modeste, mais produit par la MGM avec sa plus fameuse star masculine (hormis Clarki), Robert Taylor, rappelle furieusement l'album la Fiancée de Lucky Luke. Normal, Morris a pompé intégralement le scénario (les mortes au cours du voyage en moins). Côte Ouest des États-Unis, 1861. Roy Whitman (John McIntire), un riche éleveur, à la tête d’une ville de pionniers, mais sans aucune femme, décide d’aller à... [Lire la suite]
12 mai 2019

Vivre et aimer, de Clarence Brown (1934) : l'ascension sociale de Sadie McKee

Pour les paresseux et paresseuses, la filmographie de Joan Crawford se résume à un western sans intérêt, Johnny Guitare (mais où était donc passé le Nicholas Ray de Traquenard?) et au grotesque Qu'est-il arrivé à Baby Jane? aux côtés d'une Bette Davis en plein cabotinage. Mais Joan Crawford fut beaucoup plus que ça : flapper dans les années 20, jeune femme voulant gravir l'échelle sociale dans les années 30, femme marquée par la vie mais pour laquelle une rédemption est encore possible dans les années 40... et une abstraction très... [Lire la suite]
02 mai 2019

la Scandaleuse de Berlin, de Billy Wilder (1948) : marivaudage dans le Berlin du marché noir

Peut-on faire un film léger dans un décor authentique de ville détruite, tourner une histoire d'amour au lendemain d'un conflit dramatique sur les lieux même où il se déroula? Grâce au génie de Billy Wilder, la réponse est oui! Allemagne, 1948. Dans les ruines toujours fumantes de Berlin, une délégation de députés américains se rend dans la zone américaine afin d'enquêter sur le bon moral des troupes qui occupent la ville. Parmi les délégués, Phoebe Probst (Jean Arthur), intraitable sur le règlement et le respect des lois.... [Lire la suite]

01 mai 2019

Gilda, de Charles Vidor (1946) : les plus fameux gants noirs du cinéma

Film-symbole de Rita Hayworth, qui y livre un strip-tease mémorable, Gilda est également un film noir de haute qualité. Et, quand on creuse un peu le sujet, on y décelle ça et là des ambiguités bien peu propre à la morale hollywoodienne. En Argentine, pendant la Seconde Guerre mondiale. Johnny Farrell (Glenn Ford), joueur professionnel sans le sou, est sauvé d'une rixe par Ballin Mudson (George Macready). Propriétaire d'un casino, Ballin fait de Johnny son homme de confiance et son associé. Lors d'un retour de voyage, il lui... [Lire la suite]
28 avril 2019

New York-Miami, de Frank Capra (1934) : l'amour au bout d'un voyage en bus

Ah, New York - Miami ! ou Miami - New York, car c'est bien dans ce sens que l'héritière capricieuse et le journaliste fauché voyagent. Premier film à avoir obtenu les cinq Academy Awards majeurs - meilleur film, meilleur réalisation, meilleur scenario, meilleure actrice, meilleur acteur - New York - Miami était pourtant un film auquel personne ne croyait. Tiré d'une histoire que Frank Capra avait lue dans le journal, tourné avec trois kopecks et en trois semaines - une exigence de Claudette Colbert, la star féminine, qui espérait... [Lire la suite]
26 avril 2019

Tout ce que le ciel permet, de Douglas Sirk (1955): une veuve et son jardinier

Dans une banlieue aisée américaine, au mitant des années 50. Cary Scott (Jane Wyman), veuve d'un certain âge, partage sa vie entre ses grands enfants déjà partis de la maison, les soirées du club de bienfaisance et l'entretien de son jardin. Quand ses amies lui suggèrent de se remarier avec un homme de son âge, veuf, qui la courtise gentiment, Cary se laisse peu à peu prendre au charme de son jardinier, Louis Kirby (Rock Hudson), plus jeune et de condition plus modeste. Leur idylle commence, simplement,... [Lire la suite]
24 avril 2019

Pas de printemps pour Marnie, d'Alfred Hitchcock (1964): la déséquilibrée frigide et les "gros cochons dégoûtants"

Second film du gros Hitch avec Tippi Hendren, et leur dernier bon film à tous les deux, Pas de printemps pour Marnie est tiré d'un roman de Winston Graham, fort judicieusement réédité par les éditions Omnibus. Très représentaif des obsessions d'Hitchcock, Pas de printemps pour Marnie souffre pourtant, dans son scenario, d'une édulcoration par rapport à son sujet d'origine. J'explique. Plusieurs sociétés trouvent leur coffre-fort vidé par des moyens identifiques peu après le départ d'une jeune femme, souvent secrétaire, dont le nom... [Lire la suite]