29 octobre 2014

Drôle de drame, de Marcel Carné (1937): "à force d'écrire des choses horribles, les choses horribles finissent par arriver".

Drôle de drame est le film de Marcel Carné qui m'a fait le plus rire, plus qu'Hôtel du Nord; cette adaptation d'une pièce de théâtre burlesque de Joseph Storer Clouston est un festival de drôlerie, d'absurde et de saillies spirituelles. Servi par des acteurs venant tous de la scène (Simon, Rosay, Barrault, Jouvet, Aumont), Drôle de drame est le film de Carné le mieux maîtrisé en terme de tempo comique et de dialogues étourdissants. Le point de départ de l’intrigue est un quiproquo presque tragique: une femme refusant... [Lire la suite]

25 octobre 2014

L'homme qu'on aimait trop, d'André Téchiné (2014): qui n'a pas fait disparaître Agnès Le Roux?

Depuis quelques années, j'aime beacoup les rôles que Catherine Deneuve choisit: je l'avais trouvée réincarnée en Lana Turner dans 8 femmes, très drôle dans Potiche, émouvante dans Après lui, et impeccable dans Elle s'en va. Quand j'ai su qu'André Téchiné adaptait l'affaire Le Roux au cinéma et que Miss Deneuve serai du voyage, j'étais toute pleine de frissons, car 1. je me suis passionnée, à une époque, pour cette affaire, 2. l'intrigue se passe sur la Côte, 3. Catherine Deneuve en Renée Le Roux, maîtresse-femme s'il en... [Lire la suite]
22 octobre 2014

Cliché du jour: Theda Bara

Incarnation de la femme fatale à son point le plus létal, Theda Bara est un cas particulier dans la mythologie féminine hollywoodienne. Dans la vraie vie, elle est un exemple de calme et de probité conjugale. À l'écran, elle ensorcelle, vampe, mène des tas d'hommes amoureux à la mort, possède des pouvoirs occulte et parle avec les serpents. À mon grand désespoir, aucun de ses films n'a survécu aux méthodes déplorables de conservation des bobines pratiquées à l'aube du cinéma muet. Seules les photos prises lors du tournage de ses... [Lire la suite]
20 octobre 2014

Saveurs indiennes ou la Boîte à lunch, de Ritesh Batra (2013): la romance épistolaire existe encore

Programmé dans le cadre de la Semaine du goût dans le cinéma de ma ville, Saveurs indiennes est à mille lieues des films bollywoodiens que j'ai vus jusqu'ici. Pour faire court, j'ai découvert le cinéma indien avec Devdas, vu par hasard dans une des seules salles projetant du Bollywood, le Brady, boulevard de Strasbourg, Paris-9 (si cela vous intéresse, il y a aussi, quelques numéros plus loin, l'Albatros). Émerveillée par les couleurs, les danses et la féerie qui se dégageaient de ce mélodrame de 3h30 (et par la beauté... [Lire la suite]
14 octobre 2014

Cliché du jour: Dana Andrews

Oh, un homme dans mes clichés du jour! Je vous présente mon détective préféré dans mon film noir préféré, Laura: j'ai nommé Dana Andrews. Dana Andrews, c'est l'acteur taiseux du film noir, un peu bourru, avec un sens de l'acuité qu'il cache sous un aspect très négligé - ce qui lui vaut les pires sacarsmes de la part de ses ennemis. Il tourna beaucoup avec Otto Preminger et Fritz Lang, qui furent ses meilleurs metteurs en scène, et reste un acteur solide et discret, au physique brute mais subtile, qui en fait par excellence... [Lire la suite]
11 octobre 2014

Au sujet de Lina Lamont

Hier, j'ai revu avec plaisir Chantons sous la pluie, de Stanley Donen et Gene Kelly. Plutôt que d'écrire un message sur ce film, qui a de nombreux exégèses, j'ai choisi de m'arrêter sur le personnage de Lina Lamont, interprétée par Jean Hagen, qui est symptomatique du gouffre que fut, pour certaines stars, le passage du muet au parlant.  Chantons sous la pluie est bien sûr un film des années 50, mais son action se déroule en 1928-1929. Pour avoir une idée de ce qu'était l'industrie du film à cette époque, il n'y a pas... [Lire la suite]

07 octobre 2014

La Danseuse des Folies Ziegfeld, de Robert Z. Leonard (1941): démonstration par l'exemple de l'opulence de la MGM

Si un jour vous vous sentez triste, que les offres d'emploi sont aussi invisibles qu'un troupeau d'éléphants sur le Bassin d'Arcachon, que votre amoureux est aussi loin de vous qu'un Massaï, évadez-vous dans l'univers éclatant qu'est la Danseuse des Folies Ziegfeld. Pendant deux heures, vous serez transporté loin, très loin de cette maudite grisaille quotidienne, par la grâce de ce que la MGM savait faire de mieux: offrir du rêve. La première fois que j'entendis parler de cette Danseuse des Folies Ziegfeld, c'est par la... [Lire la suite]
06 octobre 2014

Cliché du jour: Adrienne Ames

Adrienne Ames a commencé sa vie comme débutante de la haute société avant d'arriver par hasard dans le monde du cinéma. Néanmoins, cette magnifique brune fut toujours plus connue pour ses frasques hors écran que pour son travail sur pellicule. Très active dans la société de New York lors de son mariage avec Stephen Ames, un courtier, Adrienne fut découverte par un talent scout de la Paramount, et signa un contrat avec le studio sans même avoir fait de bout d'essai. Très vite divorcé d'Ames, elle se remarie avec la star du cinéma... [Lire la suite]
03 octobre 2014

Cliché du jour: Louise Allbritton

Dans un monde idéal, la pétillante Louise Allbritton aurait hérité du titre de reine de la "screwball comedy", titre détenu par Carole Lombard jusqu'à sa fin tragique. Hélas, notre Louise est passée directement de Pasadena Playhouse à la moulinette des séries B d'Universal Pictures, studio surtout connu pour sa mauvaise gestion des talents un peu à part. Son heure de gloire fut son rôle d'héroïne fantasque dans l'excellente comédie San Diego I Love You (1945), mais dès 1948, Louise s'embourba dans des rôles... [Lire la suite]
02 octobre 2014

L'Extravagant M. Deeds, de Frank Capra (1936): l'angélisme à l'épreuve de la Grande dépression

L'Extravagant M. Deeds fait partie de ces comédies loufoques et absolument géniales qu'Hollywood produisit en masse, pendant les années 30, afin de distraire les classes laborieuses de la la situation économique catastrophique du pays. Aujourd'hui resté un classique, le film n'a rien perdu de son intérêt; et si la grande humanité de Capra frise parfois la naïveté, elle est d'une telle sincérité qu'on ne peut qu'être touché par elle, malgré qu'on en ait. Pour l'anecdote personnelle, ce film faisait partie du cycle "l'âge d'or de la... [Lire la suite]