23 mars 2016

La vie de Mary Miles Minter: attention, drame en vue

Oubliez celles de Judy Garland, de Jean Harlow ou de Ginger Rogers: la plus abjecte des mères du cinéma américain fut celle de Mary Miles Minter, star rivale de Mary Pickford au temps du cinéma muet. Et la vie de Mary Miles Minter, c'est encore plus fort qu'une histoire de cinéma.  Enfant prodige du théâtre américain dès l’âge de six ans, Mary, Juliet Shelby de son vrai nom, débute à l’écran en 1915, poussée par son ambitieuse de mère (ambitieuse étant un euphémisme) Sous le pseudonyme de Mary Miles Minter, elle devient... [Lire la suite]

18 mars 2016

La garde-robe de Betty Blythe dans la Reine de Saba

Star américaine du cinéma muet dont bien peu de films subsiste aujourd'hui, Betty Blythe s'est notamment illustrée dans une version du mythe de la Reine de Saba (1921), restée fameuse pour sa garde-robe. De son propre aveu, "je portais vingt-huit costumes et, si je les mettais tous à la fois, ils ne me tiendraient pas chaud." Jugez plutôt. Tenue adéquate pour recevoir ses visiteurs. Tenue d'apparat trop souvent négligée! Il ne faudrait pas avoir froid aux jambes... Pour recevoir Salomon, les voiles suggestifs s'imposent! ... [Lire la suite]
29 novembre 2015

Carnet mondain de 1927

Ayant constaté que mes petites messages consacrés à certains couples hollywoodiens, parfois oubliés, avaient quelques succès, embarquons-nous aujourd'hui en l'an 1927. Cette année-là, Vilma Banky, "la Rhapsodie hongroise", épousait Rod La Rocque, jeune premier très en vogue. Leur mariage fut qualifié de spectaculaire, de "lavish wedding" en anglais, bref de cérémonie de la décennie, voire de tout le cinéma muet. Vilma Banky, surnommée donc "la Rhapsodie hongroise", naquit sujette de l'empereur François-Joseph, en 1901.... [Lire la suite]
09 juin 2015

Nosferatu, de F.W. Murnau (1922): la peste erre sur la République de Weimar

Nosferatu est l'une des toutes premières adaptations au cinéma du Dracula de Bram Stocker. Cependant, F.W. Murnau était un petit malin: ne voulant pas transcrire le roman au sens strict, il prétendit, à demi-mots, s'en être simplement inspiré. Ainsi, le comte vampire est rebaptisé Nosferatu; il devient un vecteur de la peste; et, notion capitale introduite par Murnau qui sera reprise par tous les futurs cinéastes du genre, et qui n'existait pas dans le roman original: les rayons du soleil tuent un vampire.... [Lire la suite]
11 octobre 2014

Au sujet de Lina Lamont

Hier, j'ai revu avec plaisir Chantons sous la pluie, de Stanley Donen et Gene Kelly. Plutôt que d'écrire un message sur ce film, qui a de nombreux exégèses, j'ai choisi de m'arrêter sur le personnage de Lina Lamont, interprétée par Jean Hagen, qui est symptomatique du gouffre que fut, pour certaines stars, le passage du muet au parlant.  Chantons sous la pluie est bien sûr un film des années 50, mais son action se déroule en 1928-1929. Pour avoir une idée de ce qu'était l'industrie du film à cette époque, il n'y a pas... [Lire la suite]
21 septembre 2014

Cliché du jour: Renée Adorée

La première actrice française à faire carrière à Hollywood n'est pas Claudette Colbert, mais bien Renée Adorée, qui débarque dans la future Mecque du cinéma en 1920. Enfant de la balle - elle commence sa carrière au cirque, puis aux Folies-Bergères - elle s'oriente vers le cinéma dès son arrivée en Amérique. A l'instar de Max Linder, le permier français connu et reconnu par la population locale, Renée Adorée ne parlait pas un mot d'anglais, mais au temps du muet, c'était sans importance. Sa très grande beauté, sa grâce délicate... [Lire la suite]

08 septembre 2014

Cliché du jour: Alice, Rudolph et un phonographe

Les gentils démonstrateurs Alice Terry et Rudolph Valentino présentent à leur public le dernier modèle de phonographe, avec rangements incorporés. Alice et Rudolph se connaissent depuis 1921, date du tournage des Quatre cavaliers de l'apocalypse; ils y dansent un tango d'anthologie, qui assura leur gloire. Beauté altière, un peu froide, Alice Terry devint vite un élément décoratif dans l'univers baroque de son mari, Rex Ingram, qui réalisa pratiquement tous ses films. Le parlant lui fut malheureusement fatal. Quant à Rudolph... [Lire la suite]
05 septembre 2014

Le Coeur nous trompe, de Cecil B. DeMille (1921): de l'importance d'être inconstant

Film le plus représentatif des comédies mondaines et sophistiquées qui firent la gloire de Cecil B. DeMille au temps du muet, le Coeur nous trompe est aussi le portrait d'une certaine société frivole qui n'existe plus. À travers les aventures amoureuses que poursuit le héros du film, Anatol DeWitt Spencer (Wallace Reid), c'est presque une étude de moeurs qui nous est contée sur ce monde oisif de la fin des années 10. De la fin des années 10? Pas tellement, si on prend en compte le fait que le scénario s'inspire d'une... [Lire la suite]
01 juillet 2014

Cliché du jour: Clara Kimball Young, productrice pionnière

Clara Kimball Young est un cas à part dans le cinéma muet. Quasiment inconnue aujourd'hui, elle était pourtant à la tête d'une véritable petite entreprise dès les années 10. Gloria Swanson, alors jeune première, la rencontra chez elle vers 1917, et fut stupéfaite d'apprendre qu'une femme, déjà actrice à succès, pouvait avoir sa propre société de production. Totalement indépendante donc, Clara Kimball Young débuta en 1909 à la Vitagraph, et était déjà considérée comme l'une des actrices préférées du public américain avant la Guerre... [Lire la suite]
23 mai 2014

Les soeurs Talmadge: la sororie royale du cinéma muet

On parle beaucoup de "dynasties" d'acteurs, il y a aussi des "fratries" célèbres, ou plus exactement des sorories. Outre les Barrymore, les Gish et les de Havilland-Fontaine, il y eut aussi les trois soeurs Talmadge, qui régnèrent sur les écrans du muet lors des années 10 et 20. Des pionnières, donc. Elles étaient trois: Norma, la plus connue, Constance, et Natalie. Si les vedettes imposées au public par les producteurs étaient souvent des étoiles de la scène, les stars choisies par le public n'avaient souvent aucune expérience... [Lire la suite]