26 avril 2017

le Samouraï, de Jean-Pierre Melville (1967): illustration de la solitude

Un homme, seul, dans un appartement sommairement meublé. Un oiseau en cage chante. Les teintes sont grises - comme les murs et le temps - et bleues - comme la robe de l'oiseau et les yeux de l'homme. C'est l'antre de Jef Costello, tueur à gages solitaire. Déambulant affublé d'un imperméable beige et d'un feutre mou, mâchoire serrée, démarche rapide et regard aux aguets, il part, à la nuit tombée, honorer un contrat. Le patron d'une boîte de nuit est la victime. Discret, efficace, Jef Costello est néanmoins remarqué par la pianiste de... [Lire la suite]

07 février 2017

Plein soleil, de René Clément (1960): le ciel, le soleil et un meurtre

Premier film avec Alain Delon en tête d'affiche, Plein soleil réchauffe l'atmosphère de l'hiver 1960. On propose, au début du projet, le rôle du fils de famille au jeune Delon; refus de l'acteur, qui exige l'autre rôle, le premier, celui du voyou. René Clément refuse... jusqu'à ce que son épouse, Bella, lui enjoigne de donner le rôle de Tom Ripley au comédien. Un milliardaire américain envoie en Italie un jeune homme désargenté, Tom Ripley (Alain Delon), afin de ramener son fils au bercail. Philippe Greenleaf (Maurice Ronet), c'est... [Lire la suite]
29 mai 2014

La Peau douce, de François Truffaut (1964): l'adultère dans la France du Général

La Peau douce est le film de François Truffaut que je préfère. Auparavant, ma préférence allait au Dernier métro, que j'avais vu et revu jusqu'à en savoir les dialogues par coeur. Quand j'ai découvert la Peau douce, qui fut réalisé près de vingt ans auparavant, je l'ai immédiatement apprécié. Là où le Dernier métro est un film très maîtrisé, très calibré pour le grand public et dont la trame est parfaitement identifiable - ce qui n'enlève rien à sa valeur, loin de là -, la Peau douce est remarquable de finesse et... [Lire la suite]
10 avril 2014

Le Mépris, de Jean-Luc Godard (1963): 17 fois Brigitte Bardot

Il y a beaucoup d'exégètes de Godard, de Bardot, voire de Piccoli ou de Fritz Lang qui ont déjà écrit et disséqué le Mépris. Je ne peux que dire mon sentiment face à ce film, souvent cité comme LE film ultime sur - et avec - Bardot, et le film de Godard le plus "grand public". L'histoire, tirée d'un roman d'Alberto Moravia: un scénariste (Paul) accepte un travail de réécriture de scénario; sa compagne (Camille), qui le suit sur les lieux du tournage, semble être poussée dans les bras du producteur par Paul; de là naît une colère, puis... [Lire la suite]