17 mai 2016

la Femme qui faillit être lynchée, d'Allan Dwan (1953): le premier western féminin!

Film découvert à l'occasion d'une rétrospective Allan Dwan au Cinéma de minuit (et je renouvelle mon admiration à Patrick Brion, qui a fait ma culture cinématographique), la Femme qui faillit être lynchée m'a paru, sur le papier, un enième western de série B, du genre de ceux produits en masse par la Republic Pictures. Mais que nenni! C'est un western où les femmes ont le pouvoir, et ce, avant Johnny Guitare (qui lui est immédiatement postérieur). Attention, ça décoiffe! Pendant la guerre de Sécession, la ville de Border City,... [Lire la suite]

12 avril 2016

Deux rouquines dans la bagarre, d'Allan Dwan (1956): attention aux voleuses de couleur

Deux rouquines dans la bagarre est un film assez singulier. Un film noir, certes, mais dans un éclatant Technicolor. Deux soeurs, dont on ne sait si elles sont rivales ou si elles s'épaulent. Un premier rôle masculin inconnu (John Payne) assez peu sympathique, qui prend la place d'un caïd sans qu'on sache trop pourquoi. Et une fin, disons, surprenante! À la sortie d'une prison pour femmes, June Lyons (Rhonda Fleming) attend sa soeur, Dorothy (Arlene Dahl). À leur insu, elles sont surveillées par Ben Grace (John Payne). June... [Lire la suite]
18 janvier 2016

Pandora, d'Albert Lewin (1951): la beauté d'Ava Gardner

Entre Ava Gardner et l'Espagne, c'est une affaire qui roule. Pour l'amour d'un torero fameux nommé Luis Miguel Dominguin, la star s'installe en pays ibérique en 1955. Cette passion pour l'Espagne date à peu près de l'époque où elle tourna, en décors naturels, Pandora, puis, trois ans plus tard, la Comtesse aux pieds nus. Et, il est vrai, on ne peut imaginer pays s'harmonisant mieux avec le tempérament volcanique et passionné de Miss Gardner. Pandora sera son premier vrai triomphe personnel: il lui ouvre les portes de la... [Lire la suite]
14 décembre 2015

Dommage que tu sois une canaille, d'Alessandro Biasetti (1955): bella ragazza, tu es une voleuse!

Sophia Loren, dans sa vingtième année éclatante, fait tourner en bourrique Marcello Mastroianni, un chauffeur de taxi qu'elle vole. C'est le simple pitch de Dommage que tu sois une canaille. Et la canaille, c'est Sophia Loren. Avec deux comparses à ses ordres, la belle Lina (Sophia Loren) tente de voler le taxi de Paolo (Marcello Mastroianni). Celui-ci s'en rend compte, et n'aura de cesse, pendant tout le film, d'essayer de dire au père de la belle (Vittorio De Sica), lui-même pickpocket, que sa fille est une voleuse, et de tenter... [Lire la suite]
24 novembre 2015

Le Bonheur, de Marcel L'Herbier (1934): la star et l'anarchiste

Le Bonheur, de Marcel L'Herbier, est à ne pas confondre avec les films du même nom d'Agnès Varda (1965), de Fabrice Grange (2013) ou d'Alexandre Medvekine (1932). Celui de L'Herbier est inspiré de la pièce d'Henri Bernstein; le film connut un succès considérable lors de sa sortie en salles. D'un côté, Clara Stuart (Gaby Morlay, impériale), star de la scène, du music-hall, de cinéma; de l'autre, Philippe Lutchner (Charles Boyer, impressionnant), caricaturiste anarchiste et fantasque. La première donne un récital où se rend le second... [Lire la suite]
14 novembre 2015

Sérénade à trois, d'Ernst Lubitsch (1933): le dramaturge ou le peintre?

Sérénade à trois, ou Design for living, ne m'a pas intéressée lorsque je le vis pour la première fois. Je m'en souviens, ce film lubistchien en diable clôturait le cycle "l'Âge d'or de la comédie américaine" du Cinéma de minuit. Après l'Impossible M. Bébé (ici), après l'Extravagant Mr Deeds (là), après New York Miami, après Sylvia Scarlett, j'étais déconcertée par cette histoire de ménage à trois, très choquant pour mes yeux d'adolescente. Aujourd'hui, j'ai grandi, j'ai gardé la cassette, j'ai revu le film et... n'en jetez... [Lire la suite]

04 novembre 2015

La Banque Némo, de Marguerite Viel (1934): toute ressemblance avec l'affaire Stavinsky...

Il y a quelque temps, le Cinéma de minuit proposait un cycle intitulé "le monde des affaires au cinéma". Parmi les films proposés, la Banque Némo a retenu mon attention pour une raison simple: c'est l'un des rares films français de l'époque réalisé par une femme. Marguerite Viel, c'est son nom, réalisa quatre films, dont la Banque Némo. Ce fut son dernier film; on perd ensuite sa trace jusqu'à son décès dans les années 70. Je n'ai pas trouvé de biographie digne de ce nom de Marguerite Viel. La Banque Némo, c'est un... [Lire la suite]
16 septembre 2015

Les Ensorcelés, de Vincente Minnelli (1952): Hollywood dans son propre miroir

Pour ma première participation au ciné-club de Potzina, j'ai de la chance: un thème qui m'inspire! Le Cinéma dans le cinéma, c'est simplement tout ce que j'aime. Je songeai à Chantons sous la pluie, la meilleure illustration du passage du muet au parlant (et drôle avec ça), mais j'ai déjà parlé de Lina Lamont (ici). J'ai alors pensé à mon bréviaire de l'histoire du cinéma, Hollywood, l'usine à rêves (éd. Découvertes Gallimard). En ouverture, quatre films symboles: Une étoile est née (première version), Hellzapoppin, Boulevard du... [Lire la suite]
08 septembre 2015

Traquenard, de Nicholas Ray (1958): l'avocat véreux et la danseuse

Traquenard fut le dernier grand succès de Robert Taylor, ainsi que son dernier film pour la MGM. Entré dans la firme du lion en 1934, il la quitte après plus de vingt ans de bons et loyaux services avec ce bijou du film noir. Il y partage l'affiche avec une Cyd Charisse toute en jambes. Pour la danseuse de rêve de Chantons sous la pluie, c'est aussi le dernier film pour la MGM, mais pas son dernier succès: Quinze jours ailleurs, quatre ans plus tard, sera son chant du cygne. Le film de Nicholas Ray, noir mais en Technicolor,... [Lire la suite]
11 avril 2015

La Proie, de Robert Siodmak (1948): au coeur de Little Italy

Victor Mature est, pour toujours, l'un de mes acteurs préférés. C'est simple, j'aime tout chez lui: sa carrure impressionnante et rassurante, son visage fort  et sensuel, sa prestance imposante et fine à la fois. Qu'il interprète un héros biblique, mythologique, égyptien ou un contemporain, policier, voyou, marin, il est toujours dans le ton juste. Et c'est en policier intègre exerçant au coeur de Little Italy, à New York, qu'on le retrouve dans la Proie. Un caïd bien connu des services de policie, Martin Rome (Richard... [Lire la suite]