05 avril 2017

les Dix commandements, de Cecil B. DeMille (1956): Dieu est descendu sur le monde

Lorsqu'on regarde les Dix commandements à dix ans, on est émerveillé par la mer Rouge se séparant en deux. Quand on le regarde à 18 ans, on est saisi par les costumes, les décors, la beauté de José Derek et les abdominaux de Yul Brynner (un peu ceux de Charlton Heston, aussi). Dans les deux cas, on trouve le film bien long. Et lorsque on visionne, longtemps après, le film-signature de Cecil B. DeMille, on reste époustouflé par le souffle épique qui s'en dégage. Histoire sacrée, histoire profane, rivalité fraternelle et amours... [Lire la suite]

12 février 2017

les Espions s'amusent, de Josef von Sternberg (1957): John Wayne sous le charme d'une Russe nommée Janet Leigh

Découverte inattendue en plein après-midi, sur Arte: les Espions s'amusent, un film sympathique réunissant un couple improbable - Wayne et Leigh - , des avions, et une histoire d'espionnage période Guerre froide. Ça vous rappelle quelque chose? Oui, c'est un peu comme Ninotschka (ici) ou Camarade X. Pas le chef-d'oeuvre du siècle, mais chouette à voir. L'histoire, très simple: dans les années 50, en Alaska, une patrouille de pilotes capture un avion soviétique. Ce dernier est commandé par une séduisante Russe, Anna... [Lire la suite]
09 septembre 2016

l'Énigme du Chicago Express, de Richard Fleischer (1952): du noir, rien que du noir

L'Énigme du Chicago Express est un film de série B, à la vocation d'amuse-bouche avant le film principal. Mais, à l'image de Détour, les 70 minutes de cette course-poursuite dans un train sont d'une telle qualité qu'elles gagnent, au fil du temps, leur place auprès des meilleurs films noirs. Sec, nerveux, vif et brillant, le travail de Fleischer plu tellement à Howard Hughes, patron timbré de la RKO, qu'il souhaitait en faire un remake avec Robert Mitchum et Jane Russell!  Le pitch est simple: deux policiers sont chargés de... [Lire la suite]
21 juin 2016

Les hommes préfèrent les blondes, de Howard Hawks (1952): diamants, diamants, diamants

Pour une incontionnelle comme moi de Marilyn Monroe, Howard Hawks était un réalisateur de comédies légères bien troussées - Chérie, je me sens rajeunir, les hommes préfèrent les blondes... quelle surprise lorsque mon père, à qui je parlais de lui, me répondit :"Hawks, le réalisateur de western!" Eh oui, à l'époque les réalisateurs touchent à tous les genres, et, dans le cas de Hawks, avec une égale aisance. Les hommes préfèrent les blondes, film-symbole de Marilyn s'il en est, m'a d'abord déconcertée: adolescente, je trouvais le... [Lire la suite]
06 juin 2016

la Comtesse aux pieds nus, de Joseph L. Mankiewicz (1954): mémoires d'outre-tombe

Premier film que je vis avec "le plus bel animal du monde", j'ai nommé Miss Ava Gardner, la Comtesse aux pieds nus m'a d'abord emballée. L'histoire est romanesque à souhait: une star incomprise, un réalisateur alcoolique qui est le seul à comprendre sa star sans la désirer, un publicitaire pragmatique et opportuniste, un magnat de cinéma odieux, un milliardaire mal élevé, et un prince charmant impuissant... n'en jetez plus! C'est tout ce que j'aimais adolescente: l'impossibilité d'être heureux. Avec le temps (va, tout s'en va) et... [Lire la suite]
17 mai 2016

la Femme qui faillit être lynchée, d'Allan Dwan (1953): le premier western féminin!

Film découvert à l'occasion d'une rétrospective Allan Dwan au Cinéma de minuit (et je renouvelle mon admiration à Patrick Brion, qui a fait ma culture cinématographique), la Femme qui faillit être lynchée m'a paru, sur le papier, un enième western de série B, du genre de ceux produits en masse par la Republic Pictures. Mais que nenni! C'est un western où les femmes ont le pouvoir, et ce, avant Johnny Guitare (qui lui est immédiatement postérieur). Attention, ça décoiffe! Pendant la guerre de Sécession, la ville de Border City,... [Lire la suite]

12 avril 2016

Deux rouquines dans la bagarre, d'Allan Dwan (1956): attention aux voleuses de couleur

Deux rouquines dans la bagarre est un film assez singulier. Un film noir, certes, mais dans un éclatant Technicolor. Deux soeurs, dont on ne sait si elles sont rivales ou si elles s'épaulent. Un premier rôle masculin inconnu (John Payne) assez peu sympathique, qui prend la place d'un caïd sans qu'on sache trop pourquoi. Et une fin, disons, surprenante! À la sortie d'une prison pour femmes, June Lyons (Rhonda Fleming) attend sa soeur, Dorothy (Arlene Dahl). À leur insu, elles sont surveillées par Ben Grace (John Payne). June... [Lire la suite]
18 janvier 2016

Pandora, d'Albert Lewin (1951): la beauté d'Ava Gardner

Entre Ava Gardner et l'Espagne, c'est une affaire qui roule. Pour l'amour d'un torero fameux nommé Luis Miguel Dominguin, la star s'installe en pays ibérique en 1955. Cette passion pour l'Espagne date à peu près de l'époque où elle tourna, en décors naturels, Pandora, puis, trois ans plus tard, la Comtesse aux pieds nus. Et, il est vrai, on ne peut imaginer pays s'harmonisant mieux avec le tempérament volcanique et passionné de Miss Gardner. Pandora sera son premier vrai triomphe personnel: il lui ouvre les portes de la... [Lire la suite]
25 octobre 2015

Certains l'aiment chaud, de Billy Wilder (1959): l'homme est une femme comme les autres… et inversement

Summum inégalé de la comédie américaine, mélange inattendu et parfaitement maîtrisé de gangsters, de burlesque, d'amour et de loufoquerie, Certains l'aiment chaud peut faire mentir la réplique finale qui clôt son histoire: personne n'est parfait, mais un film peut atteindre la perfection. À ce degré-là, c'est du jamais vu, un comique étincelant oublié depuis les screwball comedies d'Hawks, de Lubitsch ou de Capra. La seule différence, c'est que Billy Wilder mixe les genres avec un art consommé de la mise en scène et de... [Lire la suite]
15 octobre 2015

Ivanhoé, de Richard Thorpe (1952): le film de chevalerie par excellence

L'un des plus gros succès de la MGM en 1952, Ivanhoé sortit au coeur de l'été et remit au goût du jour la chevalerie, l'honneur et l'amour courtois. Avec une distribution éclatante réunissant les plus grands noms du studio de l'époque, des dialogues enchanteurs semblant sortis tout droit des livres de Chrétien de Troyes et des couleurs chatoyantes, Ivanhoé offrait aux spectateurs ce que l'industrie du spectacle savait faire de mieux. Évidemment, les luttes entre Normands et Saxons ne parlent pas forcément à un spectateur... [Lire la suite]