30 janvier 2017

l'Héritière, de William Wyler (1949): Olivia de Havilland resplendit chez Henry James

L'Héritière est un film figurant dans toutes les annales cinématographiques: c'est grâce à son rôle de Catherine Sloper qu'Olivia de Havilland reçut son second Academy Award, en 1949. Pourtant, à l'instar de nombre de films de William Wyler (à l'exception notable de Ben-Hur), il est rarement visible. Pourquoi? mystère. L'histoire est tirée d'une pièce de théâtre, elle-même inspirée du roman Washington Square d'Henry James. Une demoiselle d'un certain âge vit dans une grande maison avec son père (Ralph Richardson), veuf et... [Lire la suite]

02 mai 2016

Arsenic et vieilles dentelles, de Frank Capra (1944): méfiez-vous des vieilles dames qui vous veulent du bien

Arsenic et vieilles dentelles fait parti de ces comédies noires qui ne s'usent pas, malgré le temps. Une fois dépassé l'effet de surprise, les nombreuses rediffusions n'altèrent pas les moments de franche hilarité, entre le frère refait de la tête au pied, les vieilles tantes sautillantes comme des jeunes filles, l'autre frère se prenant pour Théodore Roosevelt, et un Cary Grant dépassé par les événements.  L'histoire est connu: Mortimer Brewster, auteur de la Bible du célibataire, se marie en catimini à Manhattan avec la... [Lire la suite]
04 décembre 2015

Samson et Dalila, de Cecil B. DeMille (1949): la trahison féminine vue par un fils de pasteur

La devise de Cecil B. DeMille était "Dieu et Sexe". Si le premier mot n'est pas franchement présent lors de la première partie - muette - de sa carrière, où le cinéaste faisait dans la comédie débraillée et sophistiquée, l'alchimie des deux prit tout son sens lorsque DeMille s'empara des sujets antiques. Après une première version muette des Dix commandements, le cinéaste s'attaque franchement au péplum avec le Signe de la croix, en 1932, qui est comme une révélation: dans l'Antiquité, les populations étaient toutes décadentes... [Lire la suite]
24 septembre 2015

Le Récupérateur de cadavres, de Robert Wise (1945): Boris Karloff et Bela Lugosi s'associent dans le crime

Aujourd'hui, évoquons un film fantastique découvert dans le coffret RKO mis en vente en 2013: le Récupérateur de cadavres. Avec un titre pareil, ça sent les soirées frissons. À la réalisation, on trouve Robert Wise - oui, oui, le futur réalisateur de West Side Story, de Nous avons gagné ce soir, et de... la Mélodie du bonheur. À la distribution, on trouve deux jeunes premiers: Boris Karloff, réchappé de la créature de Frankenstein, et Béla Lugosi, en vacances de films de vampires. Néanmoins, les deux plus grandes stars du cinéma... [Lire la suite]
28 juillet 2015

Franc-jeu, de Jack Conway (1941): attention, seul et unique western du King

Un des quatre films compris dans le coffret Clark Gable (avec San Francisco, la Belle de Saïgon et Fascination), Franc-jeu est un western pour le moins déroutant. Je ne m'attendais pas à voir Clarki user de la gâchette comme, disons, Gary Cooper ou James Stewart (je ne cite pas John Wayne à dessein, ce dernier n'ayant jamais la cote que Clarki possédait auprès des dames), et, de fait, il ne tire pas un seul coup de revolver. Autre surprise, sa partenaire: Lana Turner, elle aussi peu familière des décors du Far West... [Lire la suite]
11 avril 2015

La Proie, de Robert Siodmak (1948): au coeur de Little Italy

Victor Mature est, pour toujours, l'un de mes acteurs préférés. C'est simple, j'aime tout chez lui: sa carrure impressionnante et rassurante, son visage fort  et sensuel, sa prestance imposante et fine à la fois. Qu'il interprète un héros biblique, mythologique, égyptien ou un contemporain, policier, voyou, marin, il est toujours dans le ton juste. Et c'est en policier intègre exerçant au coeur de Little Italy, à New York, qu'on le retrouve dans la Proie. Un caïd bien connu des services de policie, Martin Rome (Richard... [Lire la suite]

26 novembre 2014

Rébecca, d'Alfred Hitchcock (1940): la vivante et la morte

En pleine séance nostalgie, j'ai relu et Cyrano de Bergerac (et vu le film de Rappeneau) et Rébecca (et vu le film d'Hitchcock). Dans les deux cas, deux films de mon adolescence, et deux livres lus, lus et relus - les couvertures en témoignent, elles sont toutes cornées. Je préfère écrire au sujet du film d'Hitchcock aujourd'hui, car il fait un temps épouvantable - pluie et froid - , ce qui s'harmonise parfaitement avec les Cornouailles chères à Daphné Du Maurier. Premier film américain d'Alfred Hitchcock,... [Lire la suite]
07 octobre 2014

La Danseuse des Folies Ziegfeld, de Robert Z. Leonard (1941): démonstration par l'exemple de l'opulence de la MGM

Si un jour vous vous sentez triste, que les offres d'emploi sont aussi invisibles qu'un troupeau d'éléphants sur le Bassin d'Arcachon, que votre amoureux est aussi loin de vous qu'un Massaï, évadez-vous dans l'univers éclatant qu'est la Danseuse des Folies Ziegfeld. Pendant deux heures, vous serez transporté loin, très loin de cette maudite grisaille quotidienne, par la grâce de ce que la MGM savait faire de mieux: offrir du rêve. La première fois que j'entendis parler de cette Danseuse des Folies Ziegfeld, c'est par la... [Lire la suite]
14 août 2014

La Dame du vendredi, d'Howard Hawks (1940): dans l'intimité d'une salle de presse

La Dame du vendredi ne m'intéressait pas à l'époque où j'eusse dû l'apprécier: filmé dans seulement trois décors différents, resserré dans le temps et faisant l'apologie d'un journalisme prêt à tout pour obtenir une exclusivité, ce film me parut cynique et un peu amoral. Désormais, j'ai grandi, je travaille dans les relations presse, et cette oeuvre d'Howard Hawks a soudain pris un tout autre sens: les atmosphères des salles de presse sont les mêmes en 2014 qu'en 1940. Walter Burns (Cary Grant, dans un de ses grands personnages... [Lire la suite]
27 juin 2014

Nous avons gagné ce soir, de Robert Wise (1949): quatre boules de cuir

Allergique aux formats dvd, il arrive parfois que je m'y fasse. Ainsi, il y a deux ans, mon père a acheté le monumental coffret de la RKO contenant une quizaine de films "représentatifs" du style si particulier de ce studio. Évidemment, sur les quinze, j'en avais déjà huit, enregistrés par mes soins jaloux (l'Impossible M. Bébé ou le Massacre de Fort Apache, pour ne citer qu'eux). Et au milieu des douze autres, j'ai découvert une jolie perle, le fameux Nous avons gagné ce soir. Nous avons gagné ce soir, c'est l'histoire... [Lire la suite]