08 novembre 2016

Agent X-27, de Josef von Sternberg (1931) : Mata Hari à Vienne

Dans un souci de parallélisme parfait, le tandem Sternberg-Dietrich ripostait systématiquement à chaque nouveau film de Greta Garbo. Garbo, la Divine et l’Européenne, était déjà au firmament lorsque Dietrich débarque à Hollywood. L’ambition de la Paramount, avouée, était de faire de l’Allemande l’unique rivale de la Suédoise, estampillée MGM. Quand Garbo est la Reine Christine, Marlène devient l’Impératrice rouge. Quand Garbo est la Courtisane, Dietrich devient une Blonde Vénus, Quand Garbo tourne Romance, Marlène tourne la Femme et... [Lire la suite]

04 octobre 2016

Coeurs brûlés, de Josef von Sternberg (1930): mon légionnaire

Premier film américain de Josef von Sternberg avec sa muse et medium Marlène Dietrich, Coeurs brûlés souleva immédiatement l'enthousiasme des foules américaines. Il faut dire que tout était réuni pour plaire: exotisme, amours contrariées, premier rôle masculin beau comme un dieu, premier rôle féminin brûlant la pellicule... et un troisième homme s'effaçant avec élégance. Prêt au voyage? À Mogador (aujourd'hui Essaouira), un paquebot débarque avec, à son bord, une chanteuse nommée Amy Jolly (Marlène Dietrich). Sur le ponton,... [Lire la suite]
20 septembre 2016

Shanghai Express, de Josef von Sternberg (1932): Marlène, Marlène, Marlène

Curieusement, à l'exception de l'Ange bleu, je n'avais, jusqu'à présent, jamais pu admirer les oeuvres du tandem Sternberg-Dietrich (ou du trio Sternberg-Dietrich-Banton). La rétrospective Sternberg à la Cinémathèque de Paris m'en donne l'occasion, avec Shanghai Express. Le résultat? un film aux jeux de lumières éblouissants, une Marlène plus star que toutes les stars, un partenaire insipide, une Chine pittoresque recréée, un train comme seul lieu d'action, et une histoire, euh, très convenue. Années 30. En pleine guerre civile... [Lire la suite]
14 novembre 2015

Sérénade à trois, d'Ernst Lubitsch (1933): le dramaturge ou le peintre?

Sérénade à trois, ou Design for living, ne m'a pas intéressée lorsque je le vis pour la première fois. Je m'en souviens, ce film lubistchien en diable clôturait le cycle "l'Âge d'or de la comédie américaine" du Cinéma de minuit. Après l'Impossible M. Bébé (ici), après l'Extravagant Mr Deeds (là), après New York Miami, après Sylvia Scarlett, j'étais déconcertée par cette histoire de ménage à trois, très choquant pour mes yeux d'adolescente. Aujourd'hui, j'ai grandi, j'ai gardé la cassette, j'ai revu le film et... n'en jetez... [Lire la suite]
05 octobre 2015

Ninotschka, d'Ernst Lubitsch (1939): l'espionne qui venait du froid

Première comédie de Greta Garbo, avant-dernier film de la Divine, un slogan minimaliste resté célèbre ("Garbo rit!"): Ninotschka ne m'avait pourtant pas emballée, lorsque, adolescente, je le vis pour la première fois. Comme on peut changer d'avis, et qu'après tout, un Lubitsch reste un gage de qualité, j'ai eu l'envie de le revoir la semaine dernière. Et j'ai bien fait. Trois agents soviétiques arrivent à Paris dans le but de revendre des bijoux confisqués par la Révolution russe. La grande-duchesse Swana (Ina Claire),... [Lire la suite]
12 août 2015

Elle et lui, de Leo McCarey (1939): rendez-vous à l'Empire State Building, sans King Kong

Elle et lui est un inusable film romanesque chéri des Américains, tant chéri que les héroïnes de Sex and the City regardent la version Cary Grant - Deborah Kerr un soir de réunion entre filles. Je vais évoquer ici la première version du film, également réalisée par Leo McCarey, dont les protagonistes sont Charles Boyer, deuxième Français à faire carrière à Hollywood après Maurice Chevalier, et Irene Dunne, leading lady des années 30. Dans un monde qui n'existe plus, un homme et une femme se rencontrent lors d'une... [Lire la suite]

13 juillet 2015

La Divorcée, de Robert Z. Leonard (1930): l'émancipation pré-Code tourne court!

Il y a quelques jours, j'ai découvert avec beaucoup de plaisir la Divorcée. Je voulais visionner ce film depuis longtemps car 1. je connais finalement très peu de films avec Norma Shearer à l'affiche, 2. c'est un film pré-Code, 3. Norma a reçu l'Oscar de la meilleure actrice, à une époque où il n''était pas nécessaire de disparaître sous une tonne de maquillage tendance transformiste pour l'obtenir. Film saisissant la légèreté d'une époque, je suis néanmoins restée sur ma faim quant à la conclusion. J'explique. Au sein de la... [Lire la suite]
22 mars 2015

L'Appel de la forêt, de William A. Wellman (1935): Clark et Loretta sont sur un bateau

Grand pourvoyeur de sujets de film, Jack London, héros du folklore américain et de ses chercheurs d'or (un peu comme Davy Crockett), est adapté par William Wellman en 1935. Le cinéaste choisit sa nouvelle la plus emblématique, l'Appel de la forêt, qui eut lors de sa sortie en librairie un succès certain (et désormais lue par tous les boys-scouts). En Alaska, Jack Thorton (Clark Gable) vient de pendre tout son or sur un pari idiot. Son acolyte, Shorty (Jack Oakie), en laissant traîner ses oreilles, a entendu parler d'un plan d'or... [Lire la suite]
09 février 2015

Fascination, de Clarence Brown (1931): recherche époux tous frais payés

Entre l'Appel de la forêt et Fascination, deux films avec Clark Gable inclus dans le coffret qui m'a été offert pour mon anniversaire, je n'eus pas cru que je préférerais le premier. Alors que les histoires à la Jack London ne me passionnent et en dépit de mon goût pour les mélodrames mondains, je trouve que  Fascination, malgré toutes ses qualités intrinsèques, a un air de déjà vu. Un air de la Courtisane précisément, déjà chroniqué dans ce blog, avec déjà Clark Gable. L'histoire est une bonne recette... [Lire la suite]
24 janvier 2015

La Belle de Saïgon, de Victor Fleming (1932): Clark Gable entre la blonde et la brune

Ah, Clark Gable trempé de sueur tropicale, en bras de chemise et barbe de trois jours, arpentant les plantations de caoutchouc de la Cochinchine... Se pointe, on ne sait pas trop pourquoi, une (très) blonde fille de joie, Vantine (Jean Harlow), au parler aussi rosse que sa chevelure est naturelle. Clark, ou plutôt son personnage, Dennis Carson, l'emballe aussi sec, et s'en accommode quand débarque l'autre femme. Mary Astor, le plus beau visage préraphaélite du cinéma muet - qui rendit fou John Barrymorre - est Mme Willis, "a lady"... [Lire la suite]