18 septembre 2014

Cliché du jour: Dawn Addams

Non, cette éclatante rousse n'est ni Maureen O'Hara, ni Rhonda Fleming, ni Arlene Dahl - la sainte trinité des rouquines en Technicolor. Un certain cinéma vous présente Dawn Addams, actrice britannique ayant grandi entre Londres et Calcutta. Lancée par Otto Preminger en 1953, elle joua aussi bien dans des productions américaines, françaises, allemandes ou italiennes. Intelligent faire-valoir du pénultième film de Charles Chaplin - Un roi à New-York - la plupart des films qu'elle tourna, s'ils étaient intéressants, valent... [Lire la suite]

15 septembre 2014

Populaire, de Régis Roinsard (2012): l'amour à vitesse dactylographique

Film sorti en pleine vague Mad Men, Populaire ne m'a d'abord pas intéressée; je n'y voyais qu'une pâle copie de ce que le génial Matthew Weiner faisait avec Don Draper. De plus, Populaire me paraissait opportuniste: en surfant sur l'engouement suscité par Mad Men et le revival de la mode fifties, c'était un bon moyen, à moindre frais, de ramener quelques spectateurs égarés. Comme quoi, on peut avoir des opinions tranchées, et être aussi très bête. Vu hier sur les conseils d'un membre de ma famille, Populaire... [Lire la suite]
11 septembre 2014

Images de la vie, de John M. Stahl (1934): deux mères et leurs filles

À l'origine, il y a un roman de Fannie Hurst, Imitation of Life. Bien avant Douglas Sirk, qui en tira un mélodrame somptueux figurant pour toujours parmi mes cinq films fétiches, John M. Stahl adapte le roman de Hurst sous le titre Images de la vie. Sa version, la première, n'eut pas l'éclatante postérité de la seconde. Ce n'est pas une raison pour la négliger, au contraire. Stahl tourne son film en 1934, Sirk en 1959. En deux décennies coupées d'une guerre mondiale, l'histoire de ces deux mères, l'une blanche et l'autre... [Lire la suite]
08 septembre 2014

Cliché du jour: Alice, Rudolph et un phonographe

Les gentils démonstrateurs Alice Terry et Rudolph Valentino présentent à leur public le dernier modèle de phonographe, avec rangements incorporés. Alice et Rudolph se connaissent depuis 1921, date du tournage des Quatre cavaliers de l'apocalypse; ils y dansent un tango d'anthologie, qui assura leur gloire. Beauté altière, un peu froide, Alice Terry devint vite un élément décoratif dans l'univers baroque de son mari, Rex Ingram, qui réalisa pratiquement tous ses films. Le parlant lui fut malheureusement fatal. Quant à Rudolph... [Lire la suite]
05 septembre 2014

Le Coeur nous trompe, de Cecil B. DeMille (1921): de l'importance d'être inconstant

Film le plus représentatif des comédies mondaines et sophistiquées qui firent la gloire de Cecil B. DeMille au temps du muet, le Coeur nous trompe est aussi le portrait d'une certaine société frivole qui n'existe plus. À travers les aventures amoureuses que poursuit le héros du film, Anatol DeWitt Spencer (Wallace Reid), c'est presque une étude de moeurs qui nous est contée sur ce monde oisif de la fin des années 10. De la fin des années 10? Pas tellement, si on prend en compte le fait que le scénario s'inspire d'une... [Lire la suite]
01 septembre 2014

Cliché du jour: Blanche Sweet

L'un des plus beaux visages du muet, l'un des plus décidés aussi, Blanche Sweet est une enfant de la balle. Débuts sur scène à quatre ans, premier engagement au cinéma à quatorze, elle devient vite l’une des héroïnes favorites de David W. Griffith. Jeune femme énergique et déterminée, un peu dans la même veine que Pearl White (les serials en moins), elle tient des rôles de premiers plans durant toutes les années 20. Et oui, c'est sont vrai nom!

27 août 2014

Marisa la Coquette, de Mauro Bolognini (1957): la ragazza et i ragazzi

La plus mignonne comédie italienne découverte grâce au Cinéma de minuit, Marisa la coquette condense en un peu plus d'une heure quinze tout ce qui fait le charme d'un film. Une histoire simple d'amour et de séduction, qui se passe entre la gare de Civitavecchia et la mer Tyrrhénienne, avec comme protagonistes une Italienne adorable au physique superlatif, Marisa (Marisa Allasio), et un marin lui courant après, Angelo (Renato Salvadori). Entre les deux, une foule de mâles italiens de tous âges s'arrêtant sur le passage... [Lire la suite]
24 août 2014

Cliché du jour: Clara Bow

La première et la plus fameuse It Girl, d'après le titre d'un de ses plus célèbres films (Coup de foudre en français), Clara Bow réveille l'Amérique des années 20 par sa rousseur éclatante, son sex-appeal naturel et son érotisme sans complexe. Louise Brooks écrira d'elle : « Je trouvais que c’était la plus merveilleuse vedette des années vingt, parce qu’elle était les années vingt. Garbo venait d’Europe, Swanson était déjà très sophistiquée et habillée dans les films de DeMille, mais Clara était l’authentique enfant du... [Lire la suite]
18 août 2014

Grande dame d'un jour, de Frank Capra (1933): le plus beau conte de fées que le cinéma ait inventé

L'habit ne fait pas forcément le moine, et les coeurs d'or se trouvent dans des lieux inattendus. Avec Frank Capra et Grande dame d'un jour, un truand en habit reste un mal embouché, une clocharde transformée en lady en devient une, et un gansgter supersticieux peut, à son corps défendant, faire en sorte que les mensonges bienveillants deviennent réalité. À l'origine, il y a Annie la Pomme (May Robson), une clocharde vendant des pommes sur les avenues new-yorkaises lors de la Grande dépression; un gangster prospère,... [Lire la suite]
14 août 2014

La Dame du vendredi, d'Howard Hawks (1940): dans l'intimité d'une salle de presse

La Dame du vendredi ne m'intéressait pas à l'époque où j'eusse dû l'apprécier: filmé dans seulement trois décors différents, resserré dans le temps et faisant l'apologie d'un journalisme prêt à tout pour obtenir une exclusivité, ce film me parut cynique et un peu amoral. Désormais, j'ai grandi, je travaille dans les relations presse, et cette oeuvre d'Howard Hawks a soudain pris un tout autre sens: les atmosphères des salles de presse sont les mêmes en 2014 qu'en 1940. Walter Burns (Cary Grant, dans un de ses grands personnages... [Lire la suite]