01 juillet 2014

Cliché du jour: Clara Kimball Young, productrice pionnière

Clara Kimball Young est un cas à part dans le cinéma muet. Quasiment inconnue aujourd'hui, elle était pourtant à la tête d'une véritable petite entreprise dès les années 10. Gloria Swanson, alors jeune première, la rencontra chez elle vers 1917, et fut stupéfaite d'apprendre qu'une femme, déjà actrice à succès, pouvait avoir sa propre société de production. Totalement indépendante donc, Clara Kimball Young débuta en 1909 à la Vitagraph, et était déjà considérée comme l'une des actrices préférées du public américain avant la Guerre... [Lire la suite]

27 juin 2014

Nous avons gagné ce soir, de Robert Wise (1949): quatre boules de cuir

Allergique aux formats dvd, il arrive parfois que je m'y fasse. Ainsi, il y a deux ans, mon père a acheté le monumental coffret de la RKO contenant une quizaine de films "représentatifs" du style si particulier de ce studio. Évidemment, sur les quinze, j'en avais déjà huit, enregistrés par mes soins jaloux (l'Impossible M. Bébé ou le Massacre de Fort Apache, pour ne citer qu'eux). Et au milieu des douze autres, j'ai découvert une jolie perle, le fameux Nous avons gagné ce soir. Nous avons gagné ce soir, c'est l'histoire... [Lire la suite]
24 juin 2014

Trois Cléopâtre au cinéma : Bara, Colbert, Taylor

Le Mystère Cléopâtre est le titre donné à une exposition organisée par la Pinacothèque de Paris. En deux parties, elle évoque d'abord la réalité du personnage de Cléopâtre (VII, pour les érudits), avec statues, bronzes, bijoux, monnaie à son effigie et cartouche à son chiffre, sans oublier les figures de César, Octave, Marc Antoine et Césarion. Même ses frères Ptolémé XIII et XIV (un mort en fuite, l'autre empoisonné par elle, tous deux ses maris) et ses soeurs Bérénice IV (tuée par leur père) et Arsinoé IV (mise à mort par Marc... [Lire la suite]
23 juin 2014

Cliché du jour: les Ziegfeld Girls passées au cinéma

Un joli trio de beautés du cinéma muet, toutes venues des Ziegfeld Follies (la voie royale) ou des Bathing Beauty (l'autre voie royale). À ma gauche, Jacqueline Logan. Star très populaire des années 20, d'abord journaliste, puis Ziegfeld Girl, elle tourna de nombreux films qui reçurent un très bon accueil, assez pour lui valoir une jolie place dans la galaxie des stars du muet. Au centre, Marie Prevost. Brune et acide, une des plus célèbres Bathing Beauties de Sennett, Ziegfeld Girl à ses débuts, elle eut surtout des seconds rôles... [Lire la suite]
22 juin 2014

Les Soeurs Brontë, d'André Téchiné (1979): dans la lande sauvage erre une famille

À l'occasion de ma lecture, fort intéressante, du livre le Monde infernal de Branwell Brontë, de Daphné Du Maurier (éd. Phébus), je me suis ressouvenue du film d'André Téchiné. Vu il y a longtemps, interprété par une belle palette de vedettes (Adjani, Pisier, Huppert et Greggory), ce long-métrage a le mérite d'essayer de raconter l'histoire de cette incroyable sororie-fratrie britannique loin de toute légende. Avec le recul, il paraît aujourd'hui un peu daté, quoique cela n'enlève rien à son charme, et certains partis pris ne... [Lire la suite]
16 juin 2014

L'homme qui tua Liberty Valance, de John Ford (1962): deux cow-boys insubmersibles pour un voyou

Dans l'optique de mes échanges avec Girlie Cinephilie, une blogeuse d'Hello Coton (avec un très chouette site), j'ai regardé un western qui attendait sagement d'être visionné par mes yeux bleus: L'homme qui tua Liberty Valance, grand classique de la culture bottes et éperons. Bon, il avait été enregistré en français, car France 3, par souci à l'égard de ses téléspectateurs âgés, bloque les films sous-titrés lors des séances de l'après-midi. Peu importe: j'ai vu, et j'ai aimé! Ça ne deviendra pas mon genre favori, mais j'ai bien... [Lire la suite]

14 juin 2014

Écrit sur du vent, de Douglas Sirk (1956): vingt ans avant, Dallas était déjà un univers impitoyable

Si je devais classer les films de Douglas Sirk que j'ai vus selon ma préférence, Écrit sur du vent ne tiendrait pas le haut du panier. Je préfère de loin Mirage de la vie, mon film ultime, et Tout ce que le ciel permet, l'une des plus belles histoires d'amour du cinéma. À l'occasion du recyclage de mes cassettes vidéos, j'ai eu l'envie de regarder à nouveau cet Écrit sur du vent, qui ne m'avait guère marquée. Bon, je l'ai aimé un peu mieux, mais pas beaucoup plus. L'histoire, je soupçonne les scénaristes du futur... [Lire la suite]
12 juin 2014

Cliché du jour: Anna May Wong

Anna May Wong fait partie des rarissimes acteurs extrême-orientaux qui réussirent à percer à Hollywood durant les années 20 et 30. Avec Sessue Hayakawa, elle apporta l'indispensable exotisme - souvent fatal - à quantité de films de l'époque, quand l'Orient était, aux yeux des Occidentaux, mystérieux, sulfureux et fascinant. D'innombrables photographies de l'actrice existent encore à ce jour, sans commune mesure avec sa postérité, très limitée en termes d'audience.  
10 juin 2014

Ascenseur pour l'échafaud, de Louis Malle (1958): une nuit sans fin

Ascenseur pour l'échafaud fait parti de ces films qui, lorsqu'on les visionne trop jeune, ont un intérêt très limité. Je devais avoir 12 ans lorsque je l'ai vu pour la première fois, dans le cadre, à la télévision, d'une rétrospective Louis Malle. Je n'avais pas vraiment aimé, et la musique de Miles Davis n'avait aucun sens pour moi, elle était même très agaçante. J'ai cependant gardé la cassette, car à l'époque, je collectionnais les films qui donnaient un air sérieux à une vidéothèque, même si je ne les aimais que moyennement. Mes... [Lire la suite]
03 juin 2014

La Nouvelle vie de M. Clark, de Peter Chelsom (2006): il n'y a pas que le travail dans la vie, il y a la danse aussi

La Nouvelle vie de M. Clark fait parti de ces films bon enfant, très correctement écrits et réalisés, que l'on va voir dans un cinéma parisien un après-midi de désoeuvrement afin de se changer les idées. Quasiment aucune presse à l'époque ne s'y intéresse, malgré une distribution assez solide, et c'est dommage: c'est un divertissement dans le meilleur sens du terme, doux et sans prétention. L'histoire ne casse pas trois pattes à un canard, et ça change; on se croit revenu dans ces bons vieux films musicaux des années 40, où rien... [Lire la suite]