21 juin 2016

Les hommes préfèrent les blondes, de Howard Hawks (1952): diamants, diamants, diamants

Pour une incontionnelle comme moi de Marilyn Monroe, Howard Hawks était un réalisateur de comédies légères bien troussées - Chérie, je me sens rajeunir, les hommes préfèrent les blondes... quelle surprise lorsque mon père, à qui je parlais de lui, me répondit :"Hawks, le réalisateur de western!" Eh oui, à l'époque les réalisateurs touchent à tous les genres, et, dans le cas de Hawks, avec une égale aisance. Les hommes préfèrent les blondes, film-symbole de Marilyn s'il en est, m'a d'abord déconcertée: adolescente, je trouvais le... [Lire la suite]

06 juin 2016

la Comtesse aux pieds nus, de Joseph L. Mankiewicz (1954): mémoires d'outre-tombe

Premier film que je vis avec "le plus bel animal du monde", j'ai nommé Miss Ava Gardner, la Comtesse aux pieds nus m'a d'abord emballée. L'histoire est romanesque à souhait: une star incomprise, un réalisateur alcoolique qui est le seul à comprendre sa star sans la désirer, un publicitaire pragmatique et opportuniste, un magnat de cinéma odieux, un milliardaire mal élevé, et un prince charmant impuissant... n'en jetez plus! C'est tout ce que j'aimais adolescente: l'impossibilité d'être heureux. Avec le temps (va, tout s'en va) et... [Lire la suite]
17 mai 2016

la Femme qui faillit être lynchée, d'Allan Dwan (1953): le premier western féminin!

Film découvert à l'occasion d'une rétrospective Allan Dwan au Cinéma de minuit (et je renouvelle mon admiration à Patrick Brion, qui a fait ma culture cinématographique), la Femme qui faillit être lynchée m'a paru, sur le papier, un enième western de série B, du genre de ceux produits en masse par la Republic Pictures. Mais que nenni! C'est un western où les femmes ont le pouvoir, et ce, avant Johnny Guitare (qui lui est immédiatement postérieur). Attention, ça décoiffe! Pendant la guerre de Sécession, la ville de Border City,... [Lire la suite]
12 avril 2016

Deux rouquines dans la bagarre, d'Allan Dwan (1956): attention aux voleuses de couleur

Deux rouquines dans la bagarre est un film assez singulier. Un film noir, certes, mais dans un éclatant Technicolor. Deux soeurs, dont on ne sait si elles sont rivales ou si elles s'épaulent. Un premier rôle masculin inconnu (John Payne) assez peu sympathique, qui prend la place d'un caïd sans qu'on sache trop pourquoi. Et une fin, disons, surprenante! À la sortie d'une prison pour femmes, June Lyons (Rhonda Fleming) attend sa soeur, Dorothy (Arlene Dahl). À leur insu, elles sont surveillées par Ben Grace (John Payne). June... [Lire la suite]
18 janvier 2016

Pandora, d'Albert Lewin (1951): la beauté d'Ava Gardner

Entre Ava Gardner et l'Espagne, c'est une affaire qui roule. Pour l'amour d'un torero fameux nommé Luis Miguel Dominguin, la star s'installe en pays ibérique en 1955. Cette passion pour l'Espagne date à peu près de l'époque où elle tourna, en décors naturels, Pandora, puis, trois ans plus tard, la Comtesse aux pieds nus. Et, il est vrai, on ne peut imaginer pays s'harmonisant mieux avec le tempérament volcanique et passionné de Miss Gardner. Pandora sera son premier vrai triomphe personnel: il lui ouvre les portes de la... [Lire la suite]
14 décembre 2015

Dommage que tu sois une canaille, d'Alessandro Biasetti (1955): bella ragazza, tu es une voleuse!

Sophia Loren, dans sa vingtième année éclatante, fait tourner en bourrique Marcello Mastroianni, un chauffeur de taxi qu'elle vole. C'est le simple pitch de Dommage que tu sois une canaille. Et la canaille, c'est Sophia Loren. Avec deux comparses à ses ordres, la belle Lina (Sophia Loren) tente de voler le taxi de Paolo (Marcello Mastroianni). Celui-ci s'en rend compte, et n'aura de cesse, pendant tout le film, d'essayer de dire au père de la belle (Vittorio De Sica), lui-même pickpocket, que sa fille est une voleuse, et de tenter... [Lire la suite]

25 octobre 2015

Certains l'aiment chaud, de Billy Wilder (1959): l'homme est une femme comme les autres… et inversement

Summum inégalé de la comédie américaine, mélange inattendu et parfaitement maîtrisé de gangsters, de burlesque, d'amour et de loufoquerie, Certains l'aiment chaud peut faire mentir la réplique finale qui clôt son histoire: personne n'est parfait, mais un film peut atteindre la perfection. À ce degré-là, c'est du jamais vu, un comique étincelant oublié depuis les screwball comedies d'Hawks, de Lubitsch ou de Capra. La seule différence, c'est que Billy Wilder mixe les genres avec un art consommé de la mise en scène et de... [Lire la suite]
16 septembre 2015

Les Ensorcelés, de Vincente Minnelli (1952): Hollywood dans son propre miroir

Pour ma première participation au ciné-club de Potzina, j'ai de la chance: un thème qui m'inspire! Le Cinéma dans le cinéma, c'est simplement tout ce que j'aime. Je songeai à Chantons sous la pluie, la meilleure illustration du passage du muet au parlant (et drôle avec ça), mais j'ai déjà parlé de Lina Lamont (ici). J'ai alors pensé à mon bréviaire de l'histoire du cinéma, Hollywood, l'usine à rêves (éd. Découvertes Gallimard). En ouverture, quatre films symboles: Une étoile est née (première version), Hellzapoppin, Boulevard du... [Lire la suite]
08 septembre 2015

Traquenard, de Nicholas Ray (1958): l'avocat véreux et la danseuse

Traquenard est le dernier grand succès de Robert Taylor, ainsi que son dernier film pour la MGM. Entré dans la firme du lion en 1934, il la quitte après plus de vingt ans de bons et loyaux services avec ce bijou du film noir. Il y partage l'affiche avec une Cyd Charisse toute en jambes. Pour la danseuse de rêve de Chantons sous la pluie, c'est aussi son dernier film pour la MGM, mais pas son dernier succès: Quinze jours ailleurs, quatre ans plus tard, est son chant du cygne. Le film de Nicholas Ray, noir mais en... [Lire la suite]
27 août 2015

French cancan, de Jean Renoir (1954): Paris, reine du monde

Les comédies musicales américaines donnent la pêche quand on a le cafard: on a déjà évoqué les bienfaits thérapeutiques de Chantons sous la pluie ou de la Danseuse des Folies Ziegfeld. Mais certains films français du même genre ne sont pas à dédaigner! Pour moi, celui qui a le mieux vieilli reste French Cancan. L'histoire est toute simple - elle est même dans le titre: Danglars (Jean Gabin), le propriétaire du cabaret le Paravent Chinois, décide de relancer une vieille danse passée de mode, le cancan, pour les beaux yeux... [Lire la suite]