25 octobre 2015

Certains l'aiment chaud, de Billy Wilder (1959): l'homme est une femme comme les autres… et inversement

Summum inégalé de la comédie américaine, mélange inattendu et parfaitement maîtrisé de gangsters, de burlesque, d'amour et de loufoquerie, Certains l'aiment chaud peut faire mentir la réplique finale qui clôt son histoire: personne n'est parfait, mais un film peut atteindre la perfection. À ce degré-là, c'est du jamais vu, un comique étincelant oublié depuis les screwball comedies d'Hawks, de Lubitsch ou de Capra. La seule différence, c'est que Billy Wilder mixe les genres avec un art consommé de la mise en scène et de... [Lire la suite]

15 octobre 2015

Ivanhoé, de Richard Thorpe (1952): le film de chevalerie par excellence

L'un des plus gros succès de la MGM en 1952, Ivanhoé sortit au coeur de l'été et remit au goût du jour la chevalerie, l'honneur et l'amour courtois. Avec une distribution éclatante réunissant les plus grands noms du studio de l'époque, des dialogues enchanteurs semblant sortis tout droit des livres de Chrétien de Troyes et des couleurs chatoyantes, Ivanhoé offrait aux spectateurs ce que l'industrie du spectacle savait faire de mieux. Évidemment, les luttes entre Normands et Saxons ne parlent pas forcément à un spectateur... [Lire la suite]
16 septembre 2015

Les Ensorcelés, de Vincente Minnelli (1952): Hollywood dans son propre miroir

Pour ma première participation au ciné-club de Potzina, j'ai de la chance: un thème qui m'inspire! Le Cinéma dans le cinéma, c'est simplement tout ce que j'aime. Je songeai à Chantons sous la pluie, la meilleure illustration du passage du muet au parlant (et drôle avec ça), mais j'ai déjà parlé de Lina Lamont (ici). J'ai alors pensé à mon bréviaire de l'histoire du cinéma, Hollywood, l'usine à rêves (éd. Découvertes Gallimard). En ouverture, quatre films symboles: Une étoile est née (première version), Hellzapoppin, Boulevard du... [Lire la suite]
08 septembre 2015

Traquenard, de Nicholas Ray (1958): l'avocat véreux et la danseuse

Traquenard fut le dernier grand succès de Robert Taylor, ainsi que son dernier film pour la MGM. Entré dans la firme du lion en 1934, il la quitte après plus de vingt ans de bons et loyaux services avec ce bijou du film noir. Il y partage l'affiche avec une Cyd Charisse toute en jambes. Pour la danseuse de rêve de Chantons sous la pluie, c'est aussi le dernier film pour la MGM, mais pas son dernier succès: Quinze jours ailleurs, quatre ans plus tard, sera son chant du cygne. Le film de Nicholas Ray, noir mais en Technicolor,... [Lire la suite]
27 août 2015

French cancan, de Jean Renoir (1954): Paris, reine du monde

Les comédies musicales américaines donnent la pêche quand on a le cafard: on a déjà évoqué les bienfaits thérapeutiques de Chantons sous la pluie ou de la Danseuse des Folies Ziegfeld. Mais certains films français du même genre ne sont pas à dédaigner! Pour moi, celui qui a le mieux vieilli reste French Cancan. L'histoire est toute simple - elle est même dans le titre: Danglars (Jean Gabin), le propriétaire du cabaret le Paravent Chinois, décide de relancer une vieille danse passée de mode, le cancan, pour les beaux yeux... [Lire la suite]
03 juillet 2015

L'Esclave libre, de Raoul Walsh (1957): Clark Gable et la mulâtresse

Les programmations télévisées réservent parfois de belles surprises: il y a de cela quelques dimanches, alors que je cherchais quoi regarder, Arte m'annonce la diffusion imminente d'une film avec... Clark Gable, Clarki, l'Esclave libre précisément. Ni une, ni deux, je dégaine une cassette vidéo, j'enregistre... et je regarde en même temps, car c'est trop bien. Tiré du roman du même nom de Robert Penn Warren, je n'ai jamais pu venir à bout de l'oeuvre originale; l'écriture, peut-être, l'absence totale de légèreté, et cette... [Lire la suite]

29 avril 2015

La Femme modèle, de Vincente Minnelli (1957): Bacall et Peck sont d'humeur printanière

Aujourd'hui gros plan au sujet d'un film adorable découvert il y a peu: la Femme modèle, de Vincente Minnelli. Ne vous laissez pas abuser par son titre: la femme modèle est ici une modéliste (comme l'indique le titre original anglais, Designing woman), non une épouse parfaite. Il a également la particularité d'être l'une des rares films de Minnelli qui ne soit pas une comédie musicale (bien que certaines séquences dansées soient présentes) et de réunir dans une comédie légère deux acteurs pas franchement connus pour être... [Lire la suite]
27 août 2014

Marisa la Coquette, de Mauro Bolognini (1957): la ragazza et i ragazzi

La plus mignonne comédie italienne découverte grâce au Cinéma de minuit, Marisa la coquette condense en un peu plus d'une heure quinze tout ce qui fait le charme d'un film. Une histoire simple d'amour et de séduction, qui se passe entre la gare de Civitavecchia et la mer Tyrrhénienne, avec comme protagonistes une Italienne adorable au physique superlatif, Marisa (Marisa Allasio), et un marin lui courant après, Angelo (Renato Salvadori). Entre les deux, une foule de mâles italiens de tous âges s'arrêtant sur le passage... [Lire la suite]
20 juillet 2014

Ben-Hur, de William Wyler (1959): le gigantisme au service d'une vengeance... et de la parole du Christ

Apparemment, je suis dans une veine péplum: après Céopâtre, j'ai regardé, trois fois de suite, Ben-Hur, péplum gigantesque qui inspira Cléopâtre, et reste un sommet du genre. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il n'est pas de Cecil B. deMille, bien que Charlton Heston en soit la vedette; c'est William Wyler, autre vieux routier bien connu d'Hollywood, qui était derrière la caméra. Film diffusé de multiples fois à la télévision, à l'égal des Dix commandements, Ben-Hur a bien des points communs avec... [Lire la suite]
14 juin 2014

Écrit sur du vent, de Douglas Sirk (1956): vingt ans avant, Dallas était déjà un univers impitoyable

Si je devais classer les films de Douglas Sirk que j'ai vus selon ma préférence, Écrit sur du vent ne tiendrait pas le haut du panier. Je préfère de loin Mirage de la vie, mon film ultime, et Tout ce que le ciel permet, l'une des plus belles histoires d'amour du cinéma. À l'occasion du recyclage de mes cassettes vidéos, j'ai eu l'envie de regarder à nouveau cet Écrit sur du vent, qui ne m'avait guère marquée. Bon, je l'ai aimé un peu mieux, mais pas beaucoup plus. L'histoire, je soupçonne les scénaristes du futur... [Lire la suite]