14 août 2014

La Dame du vendredi, d'Howard Hawks (1940): dans l'intimité d'une salle de presse

La Dame du vendredi ne m'intéressait pas à l'époque où j'eusse dû l'apprécier: filmé dans seulement trois décors différents, resserré dans le temps et faisant l'apologie d'un journalisme prêt à tout pour obtenir une exclusivité, ce film me parut cynique et un peu amoral. Désormais, j'ai grandi, je travaille dans les relations presse, et cette oeuvre d'Howard Hawks a soudain pris un tout autre sens: les atmosphères des salles de presse sont les mêmes en 2014 qu'en 1940. Walter Burns (Cary Grant, dans un de ses grands personnages... [Lire la suite]

27 juin 2014

Nous avons gagné ce soir, de Robert Wise (1949): quatre boules de cuir

Allergique aux formats dvd, il arrive parfois que je m'y fasse. Ainsi, il y a deux ans, mon père a acheté le monumental coffret de la RKO contenant une quizaine de films "représentatifs" du style si particulier de ce studio. Évidemment, sur les quinze, j'en avais déjà huit, enregistrés par mes soins jaloux (l'Impossible M. Bébé ou le Massacre de Fort Apache, pour ne citer qu'eux). Et au milieu des douze autres, j'ai découvert une jolie perle, le fameux Nous avons gagné ce soir. Nous avons gagné ce soir, c'est l'histoire... [Lire la suite]
21 mai 2014

L'Éternel retour, de Jean Delannoy (1943): les dieux sont descendus de l'Olympe

Hier soir, séance ciné privée au cours de laquelle j'ai enfin vu un film que je gardais depuis... près de 15 ans dans ma vidéothèque à moi. N'ayant jamais trouvé le bon moment pour le voir, j'ai profité d'être seule avec ma mère pour lui proposer de le regarder. Banco! Nous ne fûmes pas déçues de ce retour dans le passé (hi hi). De l'Éternel retour, nous savions que cela s'inspirait de la légende de Tristan et Iseut, que Jean Marais y lance involontairement la mode des pull jacquard et que toutes les filles copièrent la... [Lire la suite]
10 mai 2014

Les Reines du music hall, de Phil Karlson (1949): la MM que j'aime

Les Reines du music hall était un film destiné à tomber dans l'oubli. Produit rapidement, il est d'une durée d'une heure à peine, possède des décors minimalistes et des vedettes mineures. Cependant, l'une de ces vedettes devint la plus grande star que le cinéma ait jamais enfanté, ce qui assura son passage à la postérité (sur lequel personne n'aurait misé un nickel). Vous avez deviné, c'est Marilyn Monroe! Les Reines du music hall est son troisième film, et le premier où elle tient le haut de l'affiche; une affiche de série... [Lire la suite]
08 mai 2014

Prisonnier du passé, de Mervyn Le Roy (1942): un homme, une femme, deux mémoires

Pendant que j'écris ce billet, nous sommes le 8 mai 2014. Nous avons célébré l'armistice de la Seconde Guerre mondiale, tout en rappelant que l'année 2014 marque également le centenaire de la Première. Je souhaitai parler d'un film évoquant ou se passant pendant les années 40. Aucun ne m'est venu spécialement en tête, en revanche, j'ai tout de suite pensé à Prisonnier du passé; le film se passe après la guerre de 14, et sortit au cinéma... en 1942. L'occasion est donc trop belle pour ne pas parler de ce beau mélodrame. ... [Lire la suite]
29 avril 2014

La Proie du mort, de W.S. Van Dyke II (1941): imparfait huis clos à trois

La Proie du mort est à la croisée de plusieurs films: le suspens, le presque fantastique, le drame. Porté par un casting de choix: Robert Montgomery, Ingrid Bergman et George Sanders, réalisé tout à fait honnêtement par Van Dyke, un vieux routier d'Hollywood, il laisse cependant sur sa faim. En cause? Une action parfois bâclée, une histoire simple dont les ficelles ne sont pas discrètes, et des raccords dans les plans pas toujours bien faits. Le titre français, on ne le comprend qu'au dernier quart du film: c'est Philippe Monrell... [Lire la suite]
29 mars 2014

Casablanca, de Michael Curtiz (1942): l'héroïsme selon les Américains

Il est des films dont on vous parle tellement que vous n'avez plus besoin de les voir pour en avoir une opinion; et, quand enfin on les visionne, on a un sentiment d'inaccompli doublé d'une interrogation: "tout ça... pour ça?" Casablanca entre pour moi dans cette catégorie de films. On sait que c'est LE film des Américains, le film fétiche, le film qu'il faut aimer si on est un vrai Yankee; on en parle beaucoup, on en a écrit des milliers de pages (le tournage mouvementé, le script écrit au jour le jour, la fin inconnue, etc.).... [Lire la suite]
17 mars 2014

La Chartreuse de Parme, de Christian-Jaque (1948): le souffle poétique à la française

Une des trois oeuvres majeures de Stendhal, la Chartreuse de Parme a peu séduit les cinéastes: une adaptation sur grand écran et deux téléfilms à peine. Peut-être que la multitudes de personnages, de rebondissements et la toile politique très particulière du roman ont rebuté les éventuels candidats, ou peut-être que le film de Christian-Jaque, le premier à être tiré de l'oeuvre, a-t-il découragé les téméraires. N'ayant jamais lu la Chartreuse de Parme, et n'ayant pas honte d'avouer que je ne connaissais pas même... [Lire la suite]
07 mars 2014

Laura, d'Otto Preminger (1944): perle du film noir

L'un des plus beaux joyaux du film noir. Laura réunit cette exceptionnelle qualité d'être devenu une référence dans son domaine pour la cinéphilie. Un tournage anecdotique mais sous la houlette d'un metteur en scène chevronné (Otto Preminger), un casting tout en nuances (Gene Tierney, Dana Andrews, Clifton Webb, Vincent Price et Judith Anderson), une intrigue qu'on ne se lasse pas de redécouvrir, des dialogues sarcastiques mais non denués d'humour (noir!) et de sentiment, Laura a traversé les époques, les ciné-clubs, le Cinéma de... [Lire la suite]