13 juillet 2015

La Divorcée, de Robert Z. Leonard (1930): l'émancipation pré-Code tourne court!

Il y a quelques jours, j'ai découvert avec beaucoup de plaisir la Divorcée. Je voulais visionner ce film depuis longtemps car 1. je connais finalement très peu de films avec Norma Shearer à l'affiche, 2. c'est un film pré-Code, 3. Norma a reçu l'Oscar de la meilleure actrice, à une époque où il n''était pas nécessaire de disparaître sous une tonne de maquillage tendance transformiste pour l'obtenir. Film saisissant la légèreté d'une époque, je suis néanmoins restée sur ma faim quant à la conclusion. J'explique. Au sein de la... [Lire la suite]

22 mars 2015

L'Appel de la forêt, de William A. Wellman (1935): Clark et Loretta sont sur un bateau

Grand pourvoyeur de sujets de film, Jack London, héros du folklore américain et de ses chercheurs d'or (un peu comme Davy Crockett), est adapté par William Wellman en 1935. Le cinéaste choisit sa nouvelle la plus emblématique, l'Appel de la forêt, qui eut lors de sa sortie en librairie un succès certain (et désormais lue par tous les boys-scouts). En Alaska, Jack Thorton (Clark Gable) vient de pendre tout son or sur un pari idiot. Son acolyte, Shorty (Jack Oakie), en laissant traîner ses oreilles, a entendu parler d'un plan d'or... [Lire la suite]
09 février 2015

Fascination, de Clarence Brown (1931): recherche époux tous frais payés

Entre l'Appel de la forêt et Fascination, deux films avec Clark Gable inclus dans le coffret qui m'a été offert pour mon anniversaire, je n'eus pas cru que je préférerais le premier. Alors que les histoires à la Jack London ne me passionnent et en dépit de mon goût pour les mélodrames mondains, je trouve que  Fascination, malgré toutes ses qualités intrinsèques, a un air de déjà vu. Un air de la Courtisane précisément, déjà chroniqué dans ce blog, avec déjà Clark Gable. L'histoire est une bonne recette... [Lire la suite]
24 janvier 2015

La Belle de Saïgon, de Victor Fleming (1932): Clark Gable entre la blonde et la brune

Ah, Clark Gable trempé de sueur tropicale, en bras de chemise et barbe de trois jours, arpentant les plantations de caoutchouc de la Cochinchine... Se pointe, on ne sait pas trop pourquoi, une (très) blonde fille de joie, Vantine (Jean Harlow), au parler aussi rosse que sa chevelure est naturelle. Clark, ou plutôt son personnage, Dennis Carson, l'emballe aussi sec, et s'en accommode quand débarque l'autre femme. Mary Astor, le plus beau visage préraphaélite du cinéma muet - qui rendit fou John Barrymorre - est Mme Willis, "a lady"... [Lire la suite]
10 décembre 2014

Capitaine Blood, de Michael Curtiz (1935): le faux pirate et sa belle

Dans une logique soeurs de Havilland-Fontaine, après Rébecca, passons à Capitaine Blood, film qui signa le renouveau du cape et d'épée, et mis Miss de Havilland, alors âgée de 19 ans, en pleine lumière. L'histoire s'inspire de la grande pour en faire un réjouissant spectacle d'aventures: Peter Blood (Errol Flynn), jeune médecin de son état dans le Londres du XVIIe siècle, se retrouve accusé à tort de complot contre Jacques II. Déporté avec quelques rebelles à la Jamaïque, il est vendu comme esclavage à... Arabella Bishop... [Lire la suite]
29 octobre 2014

Drôle de drame, de Marcel Carné (1937): "à force d'écrire des choses horribles, les choses horribles finissent par arriver".

Drôle de drame est le film de Marcel Carné qui m'a fait le plus rire, plus qu'Hôtel du Nord; cette adaptation d'une pièce de théâtre burlesque de Joseph Storer Clouston est un festival de drôlerie, d'absurde et de saillies spirituelles. Servi par des acteurs venant tous de la scène (Simon, Rosay, Barrault, Jouvet, Aumont), Drôle de drame est le film de Carné le mieux maîtrisé en terme de tempo comique et de dialogues étourdissants. Le point de départ de l’intrigue est un quiproquo presque tragique: une femme refusant... [Lire la suite]

02 octobre 2014

L'Extravagant M. Deeds, de Frank Capra (1936): l'angélisme à l'épreuve de la Grande dépression

L'Extravagant M. Deeds fait partie de ces comédies loufoques et absolument géniales qu'Hollywood produisit en masse, pendant les années 30, afin de distraire les classes laborieuses de la la situation économique catastrophique du pays. Aujourd'hui resté un classique, le film n'a rien perdu de son intérêt; et si la grande humanité de Capra frise parfois la naïveté, elle est d'une telle sincérité qu'on ne peut qu'être touché par elle, malgré qu'on en ait. Pour l'anecdote personnelle, ce film faisait partie du cycle "l'âge d'or de la... [Lire la suite]
11 septembre 2014

Images de la vie, de John M. Stahl (1934): deux mères et leurs filles

À l'origine, il y a un roman de Fannie Hurst, Imitation of Life. Bien avant Douglas Sirk, qui en tira un mélodrame somptueux figurant pour toujours parmi mes cinq films fétiches, John M. Stahl adapte le roman de Hurst sous le titre Images de la vie. Sa version, la première, n'eut pas l'éclatante postérité de la seconde. Ce n'est pas une raison pour la négliger, au contraire. Stahl tourne son film en 1934, Sirk en 1959. En deux décennies coupées d'une guerre mondiale, l'histoire de ces deux mères, l'une blanche et l'autre... [Lire la suite]
18 août 2014

Grande dame d'un jour, de Frank Capra (1933): le plus beau conte de fées que le cinéma ait inventé

L'habit ne fait pas forcément le moine, et les coeurs d'or se trouvent dans des lieux inattendus. Avec Frank Capra et Grande dame d'un jour, un truand grimé en habit reste un mal embouché, une clocharde transformée en lady en devient une, et un gansgter supersticieux peut, à son corps défendant, faire en sorte que les mensonges bienveillants dviennent réalité. À l'origine, il y a Annie la Pomme (May Robson), une clocharde vendant des pommes sur les avenues new-yorkaises lors de la Grande dépression; un gangster... [Lire la suite]
28 juillet 2014

L'Impossible Monsieur Bébé, d'Howard Hawks (1938): un paléontologue est pris en otage

L'autre titre du film pourrait être Un léopard dans le Connecticut, ce qui résumerait tout aussi bien la loufoquerie de ce classique. "Comédie complètement givrée" (screwball comedy) par excellence, l'Impossible Monsieur Bébé est un genre à elle toute seule, un peu comme si on avait mélangé les Marx Brothers avec Joseph Mankiewicz et Constance Bennett.  À travers un rythme endiablé qui jamais ne cesse, on suit les mésaventures d'un paléontolongue lunaire et maladroit, le Dr David Huxley (Cary Grant), cherchant à... [Lire la suite]