21 mars 2017

Bessie à Broadway, de Frank Capra (1928): cirque de province contre planches de Broadway

À la faveur d'une rétrospective Frank Capra à la Cinémathèque de Paris, j'ai découvert son septième film - un muet - , Bessie à Broadway. Curieuse séance, car pour la première fois au cinéma, un film muet était diffusé sans accompagnement musical, enregistré ou non! Ce qui n'a pas empêché de beaux éclats de rire, car Bessie à Broadway est un film absolument adorable. Don Wilson (Johnnie Walker) est un célèbre acteur de Broadway: grimé en Noir et chantant des rengaines de blues, il fait chaque soir salle comble. Lors d'une escapade,... [Lire la suite]

28 janvier 2017

la Passion de Jeanne d'Arc, de Carl Theodor Dreyer (1927): Jeanne face à ses juges

Film qui a fait date dans l'histoire du cinéma mondial, j'eus la chance de voir cette Passion de Jeanne d'Arc à la Cinémathèque française, avec un accompagnement au piano donné par Jean-François Zygel en personne. Cinéaste à la carrière longue, Dreyer tourna pourtant peu: quatorze films entre 1918 et 1964. Sa Passion, tournée lors des dernières heures du parlant, est un chef-d'oeuvre à découvrir. L'histoire est limpide: Jeanne a été arrêtée. Elle est jugée par un collège de religieux pour ses actes et sa tenue masculine. Mise à la... [Lire la suite]
09 juin 2015

Nosferatu, de F.W. Murnau (1922): la peste erre sur la République de Weimar

Nosferatu est l'une des toutes premières adaptations au cinéma du Dracula de Bram Stocker. Cependant, F.W. Murnau était un petit malin: ne voulant pas transcrire le roman au sens strict, il prétendit, à demi-mots, s'en être simplement inspiré. Ainsi, le comte vampire est rebaptisé Nosferatu; il devient un vecteur de la peste; et, notion capitale introduite par Murnau qui sera reprise par tous les futurs cinéastes du genre, et qui n'existait pas dans le roman original: les rayons du soleil tuent un vampire.... [Lire la suite]
05 septembre 2014

Le Coeur nous trompe, de Cecil B. DeMille (1921): de l'importance d'être inconstant

Film le plus représentatif des comédies mondaines et sophistiquées qui firent la gloire de Cecil B. DeMille au temps du muet, le Coeur nous trompe est aussi le portrait d'une certaine société frivole qui n'existe plus. À travers les aventures amoureuses que poursuit le héros du film, Anatol DeWitt Spencer (Wallace Reid), c'est presque une étude de moeurs qui nous est contée sur ce monde oisif de la fin des années 10. De la fin des années 10? Pas tellement, si on prend en compte le fait que le scénario s'inspire d'une... [Lire la suite]
19 mai 2014

L'Insoumise, d'Howard Hawks (1928): quand un prince arabe rencontre une coquette parisienne

Un joli petit film muet découvert... hier soir grâce au Cinéma de minuit. La plus jolie pépite exhumée du programme depuis de longs mois (les cycles italiens des années 60, ça ne m'emballe pas). C'est l'un des derniers films muets d'Howard Hawks, le futur réalisateur du Balafré, de l'Impossible M. Bébé, des hommes préfèrent les blondes, et de quantité de westerns bon cru rarement dépassés (sauf peut-être égalés par son copain Raoul Walsh). Pour l'histoire, bien qu'elle ne soit pas de lui, on se croirait dans un roman de... [Lire la suite]