un collectionneur avisé

Pas un star de premier plan, certes, mais un acteur sur lequel on peut compter. Pour moi, Glenn Ford est de la catégorie des Melvyn Douglas, des Dana Andrews, des John Garfield: des comédiens au métier sûr, sans afféterie, souvent dévolus à n'être que le partenaire de la star féminine du film, et qui s'en tirent avec panache. Glenn, c'est évidemment le Johnny Farrell de Gilda, aux côtés d'une Rita Hayworth plus belle que jamais qui lui offre le plus équivoque (et le plus accompli) des strip-teases du Septième Art. C'est aussi le sergent Bannion de Règlement de comptesfilm noir, très noir de Fritz Lang, qui poursuit, implacablement, les assassins de sa femme et de sa fille.

Glenn Ford, c'est aussi quelqu'un de bien: Rita Hayworth, alors au sommet de sa gloire, l'impose comme partenaire pour Gilda. Des années après, alors que "la déesse de l'amour" sombre dans la dépression et subit la vindicte d'Harry Cohn, le despotique patron de la Columbia, l'acteur renvoie l'ascenseur à l'infortunée actrice: ce sera elle ou personne dans l'Affaire de Trinidad. Un exemple rare de fidélité.