Glamour MartineSelon les époques, Martine Carol fut blonde, brune, rousse; mais les photos lui rendent rarement hommage. J'ai découvert ce cliché somptueux il y a quelques jours, digne du meilleur Kodachrome des années 40. Pose ultra glamour, toilette sompteuse, silhouette parfaite... les stars américaines de l'époque ne renieraient pas cette allure, notre Marilyn en tête.

Le drame de la pauvre Martine Carol est d'avoir été une bombe dans une France trop prude, et de d'avoir été pulvérisée au bout de quelques cinq années de règne par une jeunette du nom de Brigitte Bardot. Même ses films en vedette, saupoudrés d'un érotisme enfantin légèrement kitsch, paraissent terriblement désuets et... vieux: sans doute parce que la France de la IVe République était déjà vieille sans avoir jamais été jeune. Martine Carol, parfaite pour faire fantasmer les messieurs bien installés, bien mariés et bien fidèles, ne put rien faire lorsque la délurée Bardot arriva. Du reste, quand Billy Wilder soulevait les jupes de Marilyn Monroe dans Sept ans de réflexion, Martine ne pouvait rien dévoiler d'autre qu'une épaule!

Mieux que Nana, Lucrèce Borgia ou Caroline chérie, mieux même que Lola Montès, Martine Carol est admirable dans Vanina Vanini, de Roberto Rossellini. La majeure partie de ses scènes fut coupée au montage, car la vedette était dévolue à Sandra Milo; néanmoins, le peu qu'il reste montre quelle présence elle possédait à l'écran.