Jean Muir, tout en drapé de soie

La grâce d'une déesse grecque et le destin d'une héroïne antique. Jean Muir connait ses premiers succès à Broadway au début des années 30. Remarquée par le cinéma, elle signe à la Warner qui l’emploie malheureusement dans des films sans relief. Seules quelques exceptions comme Dr. Monica, Desirable, le Songe d’une nuit d’été ou And One Was Beautiful prouvent qu’elle a un talent qui ne demande qu’à être véritablement mis en valeur. Sa carrière cinématographique s’avérant très décevante, elle reprend le chemin du théâtre dans les années 1940 (son dernier film sera Tessa, la nymphe au coeur fidèle, en 1943). En 1950, elle doit se défendre contre le maccarthysme qui l’accuse de sympathies communistes et la couche sur sa fameuse « liste noire ». Après cette épreuve, elle affronte une grave crise morale; elle parviendra à la surmonter avant de réapparaître sur scène et surtout à la télévision, où elle tourna dans pas moins de six feuilletons. Sa carrière sera également dépendante d'un alcoolisme qu'elle ne soigna jamais tout à fait. Une vie bien triste.