Aujourd'hui est un grand jour: j'ai enfin pu me procurer le beau-livre Hollywood en Kodachrome! Ce livre retrace, images à l'appui, l'apparition de la couleur dans les clichés hollywoodiens: passer du noir et blanc très travaillé à la couleur éclatante fut une révolution pour les photographes, les magazines et les studios. Je connaissais déjà beaucoup de photos présentes dans ce livre: les voir sur papier, avec une échelle ne m'abimant pas les yeux, m'a permis de noter certaines différences. Il y a moins de jeu d'éclairages, car la couleur envahit tout. On voit apparaître des détails qui passaient inaperçus sur les photos antérieures, comme les veines sur les mains des actrices, la pilosité des avants-bras des acteurs, on peut même compter les différentes mèches de cheveux de Veronica Lake tant le focus est précis!

On le sait, le Kodachrome fit son apparition en même temps que la Seconde Guerre mondiale. Aussi, l'ouvrage fait la part belle aux clichés de Gene Tierney, de Betty Grable, de Veronica Lake, évidemment de Rita Hayworth et d'Hedy Lamarr (belle quel que soit le support): ces photographies sont absolument incroyables. On y voit des camaïeus de couleurs tellement vifs qu'ils pourraient éblouir. On trouve aussi des jolies découvertes: une photo en couleur de Carole Lombard, une des seules qui existe d'elle (elle décèda en 1942); un chapitre consacré, je ne sais pourquoi, à Lucille Ball, "Miss Technicolor" d'après les publicitaires: certes, les rousses aux yeux bleus étaient à leur avantage avec le Kodachrome, mais les photos de miss Ball ne sont pas toutes bonnes. Enfin, on y trouve des clichés des stars "chez elle", c'est-à-dire ailleurs que dans un studio photo: au bord d'une piscine, dans une cuisine, un salon, en voiture, etc. On remarque que les intérieurs 1940 photographiés en couleur paraissent terriblement datés.

Un livre tout à fait essentiel, donc, pour qui s'intéresse aux clichés hollywoodiens. Et cerise sur le gâteau: il est préfacé par Rhonda Fleming, rousse éclatante que je préfère mille fois à Lucille Ball (en plus, elle a joué pour Hitchcock, Lang et Dwan: Ball est battue!).

Rhonda Fleming, la préfacière

Hollywood en Kodachrome, David Willis, éd La Martinière